Accepter l’Incarnation

S’incarner. Se sentir pleinement intégré dans ce monde. Y trouver sa place, un sens à cette présence sur Terre. Apprécier les petites choses de l’existence. Eprouver un sentiment d’appartenance à une société, un groupe, une famille, le clan des hommes… Être présent, ici et maintenant. Accepter chaque jour d’ouvrir les yeux et de faire partie de cette Humanité. Entrevoir la matérialité non comme une malédiction mais comme une chance de se réaliser, est un des défis.

L’impression de ne pas être au bon endroit, de faire partie d’une société qui ne me ressemble pas, que tour à tour, je louvoyais tout en la rejetant. Me sentant comme un paquet que l’on avait déposé et pensant que le livreur s’était trompé d’adresse.

Pendant très longtemps et aujourd’hui parfois encore, j’éprouvais la sensation de vivre hors de ce monde, ne me reconnaissant pas dans celui-ci. Comme déracinée, j’évoluais en tentant de m’intégrer et de mon conformer à mon environnement, sans y réussir totalement. Je ne comprenais pas mes contemporains, avais du mal à accepter la méchanceté, les coups bas, la violence, l’agressivité…Je les vivais comme des gifles, comme une atteinte personnelle. Une envie de fuite, de repli sur moi, d’évaporation m’envahissait alors. Disparaître, retourner dans ma bulle, loin de la fureur et de la tempête extérieure. Me ressourcer dans mon espace imaginaire, dans un idéal où chaque Humain serait aimé, respecté, accepté tel qu’il est.

La voix des anges

En rejetant ce monde, je me rejetais moi-même et mes relations aux autres. Je niais par la même la raison pour laquelle j’avais choisi de venir ici.

Je ne voulais pas être en ces lieux.

Me couper des émotions, des liens affectifs, de toute proximité étaient une manière pour moi d’indiquer mon opposition à ma présence ici. Ne pas m’investir pour mieux pouvoir repartir. Des idées de départ se sont souvent insérées dans mes pensées, seul m’a retenu sans doute l’idée de la peine que je pourrais infliger à ma famille et certainement l’espoir d’un jour meilleur. Mon père m’a enseigné de ne jamais lâcher, de toujours continuer. C’est ce que j’ai fais, même après sa disparition. Ma mère m’a quitté, puis mon père et moi,… je restais là… pourquoi ?

Et puis F. m’a en quelque sorte ramené sur Terre. Avec lui, j’avais découvert à nouveau l’envie d’appartenir à ce monde, de profiter de ce qu’il pouvait m’apporter. Même si je me suis finalement rendue compte assez vite que le modèle d’existence qu’il me proposait ne me correspondait pas, je me sentais relié par lui à cette humanité.

Alors oui je le remercie.

Malgré la douleur et les blessures réouvertes, notre relation m’a apporté une ouverture d’esprit et de coeur. Elle a été la première porte sur mon chemin de conscience. Je me suis reconnectée avec qui j’étais, mes besoins, mes valeurs, mes aspirations. C’est comme si l’on m’avait jeté d’une falaise et que je n’avais plus le choix, soit je déployais enfin mes ailes, soit c’était la fin de mon existence.

Qu’est ce que je voulais vraiment ?

M’Incarner pour enfin vivre ma vie, m’épanouir, construire, apporter ma pierre à l’édifice d’un monde meilleur, ou bien je restais là, à moitié déjà morte, ensevelie sous les décombres de mes regrets, de mes peurs et je refusais d’Exister.

Est-ce que je continuais dans ma bulle ou est ce que je m’ouvrais à l’autre ?

Prendre part à l’Existence tout en restant qui je suis, en gardant ma sensibilité. M’entourer de personnes bienveillantes, ouvertes, dans l’acceptation et le désir d’évolution.

Je choisi aujourd’hui l’Incarnation.

Mes « envies de voyage » me conduisent encore parfois dans « ciel », mais mes pieds restent enracinés dans les profondeur de la Terre.

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