Ecoutes moi…

Belle citation de Jacques Salomé

https://www.2minutesdebonheur.com/ecoute-moi-de-jacques-salome/

Durant les dernières semaines passées, la notion d’Ecoute a pris de plus en plus de place dans ma vie. Cette prise de conscience de son importance dans mes rapports à l’autre. Être pleinement présente à lui. Ecouter sans jugement, sans interprétation, sans vouloir modifier quoique ce soit à ce vit la personne face à soi.

Il est si difficile de lâcher les conseils, les interprétations, l’intrusion de son propre vécu dans les propos évoqués par une tierce personne. Nous avons toujours la volonté de partager notre expérience personnelle pensant que celle-ci fait écho aux mots prononcés par l’autre. Mais finalement, cet Autre n’a certainement qu’une envie, être juste Ecouter, entendu dans ce qu’il a à dire, compris. Il cherche une oreille, un espace où il peut exposer ce qui s’agite en lui. Il attend de nous que nous soyons simplement le réceptacle de ses interrogations, de ses souffrances, de ses joies, de ses doutes. En parlant, il fait sortir de son Être cette expérience. S’il se sent suffisamment en confiance, il pourra donner l’autorisation à son inconscient de délivrer des sentiments, des impressions, des ressentis jusque là reniés, refoulés. Des mots inconnus pour lui s’échapperont de la bouche de votre interlocuteur si vous êtes prêt à les accueillir. Car en tant que lieu d’accueil, il vous faudra être disponible, ouvert à tout ce qui peut arriver.

C’est cet Être d’Ecoute que je souhaite être dans mon métier de coach.

J’ai moi-même souffert de ce manque de présence, de soutien et surtout d’écoute de l’autre. J’avais toujours l’impression que ce que j’avais à dire n’intéressait pas l’individu face à moi. Pourquoi évoquer mes douleurs, ma tristesse, mes difficultés si de toute façon la personne à mes côtés n’est pas prêt à les entendre ? Je m’auto-censurais certainement.

A la mort de ma mère, je crois que nul n’était en capacité d’accueillir ma peine. Ma famille était prise elle-même dans sa propre souffrance, incapable de communiquer sur celle-ci. Nous faisions tous comme si elle n’existait pas, continuant notre existence en évoquant davantage des problématiques matérielles plutôt que psychologiques.

Seul mon frère a osé ouvertement un soir sortir de cet isolement, faisant part de son désoeuvrement face à la perte de sa mère. Il a vite été remis dans le « droit chemin », en minimisant cet évènement et en le mettant sur le compte de la difficulté de l’adolescence et de l’abus d’alcool. Le dossier était clos.

En parler à mes amies, qui étaient peu nombreuses, me semblait également impossible. Je crois d’ailleurs qu’elles n’avaient pas forcément envie de se trouver confronter avec la notion de Mort. Comment en discuter ? Elles se sentaient certainement mal à l’aise et préféraient rester dans l’insouciance de la jeunesse. Je me trouvais en complet décalage avec elles. J’avais vieilli trop rapidement sans doute, avait perdu mon innocence et une part de légèreté.

Je me suis même vu reprocher, en quelque sorte, par la mère d’une de mes amies d’être à moitié orpheline. Elle me rappelait par la même, une fois de plus ma différence.

Car oui, je me sentais différente, je sortais du moule. Je ne faisais plus partie d’une famille classique avec deux parents. Je m’étais toujours sentie hors norme mais là, ce sentiment c’était renforcé. Je voyais dans les yeux des autres un éclair de pitié à l’évocation du décès de ma mère. Mais ce n’était pas de pitié dont j’avais besoin à cette époque-là mais juste de quelqu’un qui m’écoute, me pose des questions sur mes émotions, mon vécu.

Je n’ai pas eu cet accueil-là. Je n’en tiens rancune à personne et comprends la difficulté à évoquer des sujets intimes. Je n’ai moi-même souvent pas été à la hauteur je pense, face aux évènements difficiles vécus par mes amies.

Cette Ecoute pleine et active est difficile, mais c’est pour moi aujourd’hui la plus belle preuve d’Humanité. C’est ce vers quoi je tends. Il y a des moments bien sûr où nous sommes plus disposés que d’autre à entendre les blessures d’autrui. Si nous sommes nous-mêmes dans nos propres afflictions et incertitudes, il nous sera compliqué de nous ouvrir à l’autre.

Le soutien passe parfois simplement par cette seule Ecoute, cette présence, juste sentir que l’autre est là pour vous, dans l’accueil de ce qui est, sans vouloir le changer ou vous changer. Rien d’autre que d’être accepter dans sa souffrance. Juste un mot pour vous dire qu’elle est là, prête à vous entendre si le besoin se fait sentir. Qu’elle est cette épaule sur laquelle vous pouvez vous reposer et pleurer.

Mais l’importance de l’Ecoute concerne également son écoute interne. Être en mesure d’écouter ce qui se passe au fond de soi. Qu’est ce qui nous rend heureux, malheureux ? De quoi a-t-on besoin ? Prendre le temps de se reposer si notre corps est exténué. Oser s’accorder du temps seul si nous éprouvons la nécessité de se reconnecter à soi. Savoir dire non, si nous sentons que la demande n’est pas conforme à nos aspirations. Sortir de l’influence des gens qui nous entourent et qui cherchent parfois à nous définir selon leurs propres prismes. Finalement, si nous ne nous écoutons pas comment les autres peuvent ils le faire à notre place?

Ecouter donc simplement ce que notre Âme a à nous exprimer et suivre ses recommandations. Être en accord avec elle, nous permettra d’être plus aligné et plus libre.

Ecouter également la nature qui nous entoure, l’observer, la sentir, s’imprégner de son énergie.

En savoir plus

« L »Ecoute » Maurice Bellet

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