Ego quand tu nous tiens

Lors de ma participation cet après midi à un atelier Reiki organisé par ma formatrice, lieu où je partage et exerce ponctuellement ma pratique avec d’autres initiés, je me suis retrouvée face au mot Ego. Celui qui souvent me « pourrit » la vie, que je considère comme un « ennemi », car source de nombre de mes souffrances.

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E. était « cliente » et V. pratiquait avec moi le Reiki sur elle. Moi, mes mains au-dessus de sa tête, V à ses pieds, j’ai ressenti à un moment donné comme une vague de chaleur m’envahir, une crispation dans le ventre. Le Reiki circulait à travers nous trois. Je ne désirais rien, je n’étais rien, juste ce canal d’Energie qui transmettait un amour inconditionnel. Je recevais moi-même celui-ci de la part de E. et V. Il s’agissait pour moi d’un don d’amour, sans attente. Des larmes sont montées à mes yeux, une émotion intense m’a envahi, un bien-être inexplicable, comme si j’avais vraiment pris conscience du sens de la vie. Donner tout simplement. Ma pensée à ce moment-là a été : alors c’est çà lâcher son Ego ? Être là, présent à l’autre, juste dans l’offrande de soi sans contrepartie. J’ai trouvé cet instant tellement beau, magique, presque irréel. Je pleurais du bonheur éphémère de ce partage. Il n’y avait aucune explication, rien de concret à démontrer, juste un senti difficile à transcrire par des mots.

J’avais déjà touché du doigt ces secondes de connexion à l’autre, mais jamais de façon aussi profonde. Et finalement, en y repensant, principalement avec des personnes inconnues ou quasi-inconnues. Peut- être est-il plus facile de faire taire son égo et d’être vraiment dans le don de soi avec des individus avec qui je n’ai aucun passé ?

J’ai longtemps cru être dans l’ouverture et à l’écoute de l’autre, mais plus je me découvre, plus je mets en perspective le fait que mon « Moi » est sans doute plus développé que je ne l’imaginais. Ma générosité est- elle réellement désintéressée ? Suis-je dans le Donner ou dans l’attente d’un Recevoir ? La réponse devient incertaine dans mon esprit.

Je te parlais dans un autre article d’impression de super-puissance, de sentiment de supériorité, de volonté de se sentir unique. Ne souffrais-je pas moi aussi de cet égocentrisme que j’exécrai chez les autres ?

Ramener tout à soi : les propos, les actions des autres. Croire que j’ai la bonne réponse, que ma vision est juste, que les autres devraient suivre mon exemple pour être plus heureux…. Mon chemin n’est peut-être pas le leur après tout.

Je prends conscience de tout çà et ne comprend pas comment je peux à la fois manquer de tellement de confiance parfois et en même temps penser que le monde tourne autour de ma petite personne. Quand on ne m’inclut pas dans une conversation, quand l’autre parle et que la phrase qui vient à ma bouche est « moi aussi, il m’est arrivé la même chose… », quand j’interprète les dire, faits des autres à mon désavantage, quand je ne me sens pas reconnue, quand je me sens jugée… bref tous ces évènements banaux font vivre mon Ego. A tous ces moments-là, je pense à Moi et non à l’Autre.

Bien sûr, cet Ego a une raison de vivre. Il est fait des expériences du passé et représente les programmes enregistrés dans mon cerveau. Toutes ces petites souffrances de rejet et d’indifférence répertoriées dans ma mémoire, se ravivent à chaque fois que je suis confrontée à des paroles ou circonstances similaires. Et voilà l’Ego qui fait surface et le petit vélo dans ma tête qui tourne en rond. Tout cela me donne t-il l’impression d’exister ?

Ce « Moi » transparait également dans mon perfectionnisme, quand il ne veut pas avouer ses faiblesses, ses failles, quand il veut montrer à tout le monde à quel point il est fort, meilleur que les autres et capable de surmonter seul les épreuves. Il a honte d’avouer qu’il a besoin d’aide, d’être entouré. Il veut donner une image de moi lisse : une femme toujours calme, généreuse, loin des irruptions d’émotions, de colère, de jalousie, de peurs. Tout va toujours bien…

Il me coupe de l’amour véritable de l’autre, car il est dans la critique, le jugement, l’interprétation continuelles des faits à travers le prisme de mes douleurs antérieures. Car aimer, c’est aimer l’autre tel qu’il est, c’est offrir juste par plaisir, être présent sans espérance. Sinon c’est du contrôle, c’est manipuler, modeler l’autre pour qu’il réponde à nos besoins.

J’aime beaucoup cet extrait du livre de Fabrice Midal «  Foutez vous la paix et commencez à vivre »

« L’amour est difficile. Car c’est toujours une sorte de grâce. Pourquoi je t’aime ? Je peux bien sûr établir une liste des raisons. Heureusement elle ne dit rien de l’essentiel. Au fond je ne sais pas pourquoi je t’aime, et c’est pourquoi je t’aime. Je t’aime parce que tu es qui tu es. C’est simplement le fait que tu sois qui me comble, m’apaise, me réjouit.

Je t’aime parce que tu es. Mais ce qui devrait te réjouir t’inquiète. Tu as du mal à accepter que tu n’as rien à faire. Qu’il te suffit de te foutre la paix pour découvrir l’art d’aimer… »

L’Ego, conçu pour la survie de notre espèce, existe pour nous protéger de dangers éventuels. Il est constitué de tous les évènements, informations passés stockés dans notre disque dur. Malheureusement, nous ne retenons souvent que ceux qui renforcent nos croyances, nos habitudes, la mémoire de nos souffrances antérieures.

S’il détecte un schéma connu douloureux, il mettra en place un système de défense, même si celui-ci n’a aucun lieu d’être. Notre inconscient parle et veut nous protéger. Nous sommes à ce moment-là dans l’évitement, l’inaction, la fuite, dans la confusion des pensées, incapables de nous connecter à notre cœur, à notre besoin profond. L’Ego nous paralyse, dirige notre vie, nous enferme dans un auto-sabotage parfois. Il veut nous maintenir dans la peur.

Dans les positions de dépendance, de manque de confiance, notre voix nous pousse à l’abandon, au repli sur soi, à l’auto-dévalorisation, la victimisation.

Dans le cas, d’une sensation de grignotage de notre « territoire » par l’autre, nous rentrons dans une forme d’agressivité, de violence.

Cet Ego peut également apparaitre dans l’Orgueil, quand nous pensons détenir la vérité et cherchons à l’imposer à l’autre, que nous croyons lui être supérieur. Nous nous voyons parfait et voulons transformer l’autre à notre image. Nous poursuivons une forme de Reconnaissance. Cet orgueil cache souvent une crainte de ne pas être aimé, rejeté.

Il nous identifie à nos croyances, nos succès, nos erreurs, notre savoir. Il en veut toujours plus. Mais en même temps, il cherche à rester dans sa zone de confort, surtout ne pas changer.

Nous n’arrivons pas à nous délester de tous ces « souvenirs » imprimés et avons la sensation de revivre les mêmes scénarios, voire les mêmes blessures, sans nous rendre compte finalement que la personne que nous sommes dans le présent est bien différente de celle que nous étions au moment de notre première expérience douloureuse. Nous sommes à même aujourd’hui d’y faire face.

Dès que nous ressentons un malaise, que nous sommes dans la fermeture du cœur, dans un profond désarroi, que nous voyons notre existence de façon négative, nous sommes dans notre Ego.

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L’empêcher de s’exprimer est inutile, voire contre-productif. Il sera d’autant plus réactif. Il s’agit de l’apprivoiser, de comprendre les messages qu’il cherche à transmettre.

  • Observes ses réactions, sa volonté et choisis si tu souhaites rester dans le même état d’esprit ou si tu désires explorer une nouvelle voie.
  • Si c’est le cas, rassures-le, parles lui. Tu peux lui donner un nom, voir même le dessiner pour le rendre plus concret à tes yeux
  • Montres-lui que tu es assez fort pour affronter ce changement, que tu acceptes et assumes la conséquence de ce choix. Dis lui de te faire confiance que tu sais ce qui es bon pour toi.
  • Remercies-le d’être présent pour te rendre alerte à toutes difficultés mais dis-lui que tu as aussi envie de faire et de penser différemment aujourd’hui.

Si ton Ego t’empêches d’avancer dans ta vie. Poses toi cette question :

  • Qu’est ce que je ferais si je dépassais cette peur du changement? Qu’est ce qui se passerais si je prenais des décisions?
  • Fais une liste de toutes tes réponses. Qu’est ce qui en ressort?

En Savoir plus :

« Ecoutes ton corps » Lise Bourbeau

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