En toute intimité

Intimité. Que représente ce mot pour moi ? Des sentiments ambivalents apparaissent.

Une aspiration profonde de mon Être et en même temps une peur terrible. Une peur qui me plonge dans un désarroi profond, une incapacité de raisonnement, une plongée dans mes blessures les plus douloureuses.

Car oui l’Intimité, qu’elle soit amicale ou amoureuse, est un élément indispensable dans ma relation à l’Autre. C’est ce vers quoi je tends, mon désir intérieur inavoué.

Être authentique, se dévoiler tel que l’on est, montrer ses faces d’ombres, ses imperfections, créer une connexion réelle. Ne plus porter de masques, jouer un rôle. Se sentir accepté dans sa différence, être reconnu, vu et aimé en tant qu’Être véritable.

C’est vivre une relation où chacun est vrai, où l’on peut se dire en toute confiance, où être soi est légitime et même essentiel. Être fragile et sensible n’est plus une tare.

C’est avoir cette force intérieure, cet alignement et cet amour de soi qui permet d’ouvrir la porte à l’autre, de l’accueillir dans son monde sans avoir la crainte de se trouver déposséder en donnant sa confiance à un autre individu.

C’est nous autoriser à être la personne que nous sommes vraiment et permettre d’être découverte, car nous nous sentons dignes d’être aimé.

Nous offrons ce que nous sommes sans calcul, sans dissimulation.

Malgré cette profonde envie de connaitre enfin cette intimité, une part de moi est effrayée par cette perspective.

C’est me sentir envahie, devoir donner une part de mon territoire. Craindre de perdre un morceau de liberté.

Cela veut également dire pour moi m’exposer, me livrer sans mensonge, entièrement. C’est laisser un autre individu connaitre toutes les facettes de ma personnalité, toutes mes failles, mes points de faiblesse. C’est la porte ouverte à des manipulations possibles, même si je me sais très intuitive et consciente.  C’est lever mon armure, ma protection.

Mais surtout je crois qu’ayant déjà perdu cette intimité une fois, j’ai conscience de la douleur engendrée par sa perte. Être tellement proche d’un autre Être et le voir disparaitre a fait naitre en moi une peur incontrôlable de revivre encore une fois cet évènement.

J’ai ainsi choisi de faire rentrer dans ma vie des hommes soit incompatibles, soit indisponibles émotionnellement. Ainsi je savais que jamais une véritable intimité ne serait possible entre nous.

Avec F. un doute s’est immiscé. La connexion et l’intensité physique était telle, ainsi que quelques instants de vrais partages, que notre relation aurait pu basculer peut-être. Mais la plupart du temps, nous étions et vivions dans des rôles loin de qui nous étions sans doute. A aucun moment une intimité n’avait de place alors.

En fait avec ces hommes, je rejoue un scénario connu. Je reprends les mêmes personnages et espère pouvoir modifier la scène. Je choisis des hommes accaparés soit par leur travail, leur famille ou tous autres problèmes, qui n’ont pas de temps à m’accorder, pour qui je ne représente pas une priorité et je tente en vain de leur montrer que j’existe et j’essaie de me faire aimer par eux. Souvent c’est le cas d’ailleurs. Mais malgré cet amour, ils se trouvent toujours dans l’incapacité de répondre à mes besoins, à mes attentes. Leurs blessures, leurs peurs les freinent dans la démonstration de leurs sentiments.

Alors je revis cette souffrance d’enfant « invisible » aux yeux de ses parents. Encore une fois je n’arrive pas à me faire aimer, à être reconnue, valorisée.

Malgré mes tentatives de « sauver » l’autre, de lui donner tout mon amour, ma présence et ma compréhension, rien ne change. Je pense être la femme capable de le faire évoluer, de panser ses plaies, de lui redonner le goût des relations. Mais, si ces hommes ne sont pas en mesure de faire face à leurs blessures, à leurs « traumatismes » passés, toute mon affection ne me permettra en rien de les changer. Je pensais que leur comportement indifférent, froid, leur inaccessibilité émotive étaient le fruit d’un manque d’amour et pensais pouvoir le compenser, mais bien sûr il n’en ai rien.

Je constate la grande dépendance que j’éprouvais face à tous ces hommes rencontrés. Ils étaient devenus pour moi comme une drogue, dont la désintoxification a souvent été longue et douloureuse. Prendre conscience de mon rapport à la gent masculine me permet aujourd’hui d’être plus consciente de ce qui se joue en moi et m’apaise. L’intimité me semble plus abordable. Je ne la crains plus aussi fortement.

Car un amour sans intimité n’est pour moi pas un véritable amour.

Comment arriver à cette intimité?

  • S’accepter totalement, sans condition
  • Avoir une bonne estime de soi
  • Accepter l’autre tel qu’il est
  • Être conscient de ses émotions et de ses comportements
  • Être conscient des relations que l’on vit avec l’autre : sont-elles saines, sommes nous authentiques, pouvons nous grandir dans cette relation, nous sentons nous en confiance?
  • S’interroger si l’on partage les mêmes valeurs, si l’on va dans la même direction que l’autre
  • Se sentir serein, apaisé dans la relation

Pour en savoir plus

« Ces femmes qui aiment trop » Robin Norwood

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