Et si je m’autorisais…

En discutant avec ma sœur aujourd’hui, je prends conscience du fait que souvent nous sommes notre propre bourreau. Nous nous maintenons nous même en esclavage.

J’ai, autant que je me souvienne, toujours été très exigeante vis-à-vis de moi-même, dans une volonté de perfection. Non parce que mes parents ou mon entourage me le demandait mais simplement car le cerveau de la petite fille que j’étais était programmé pour être parfaite. Les expériences vécues avaient imprimé le fait que l’amour reçu allait dépendre de cette perfection.

A travers mes études, mon activité professionnelle, j’ai toujours essayé de répondre aux demandes de mes professeurs et de mes employeurs en étant engagée et consciencieuse. Toute défaillance était très mal ressentie en moi. J’étais dans l’analyse, la compréhension, la recherche de solutions pour arriver à effectuer mon travail du mieux possible. Aucun échec n’était admis. Je ne lâchais pas avant d’avoir trouver la réponse adéquate ou l’erreur dans le dossier.

Tout comme je ne m’autorisais aucune faiblesse dans ma profession, je ne me l’autorisais pas non plus dans ma vie personnelle. Toujours être forte, m’en demandant toujours plus. Être toujours présente pour les autres, me relever rapidement en cas de rupture, de décès…, préparer un repas « irréprochable » pour mes amis et ma famille quand je recevais,… Même dans mes loisirs, en cas d’inscription à un sport ou à des cours de langue, de philosophie, je me contraignais à assister aux séances même si j’étais exténuée : on ne flanche pas, on n’abandonne pas une fois que l’on s’est engagée dans quelque chose. Pour moi un engagement doit être sans faille. Faire un choix entre mon besoin profond de prendre du temps pour moi et mon investissement associatif m’était parfois coûteux. Cette exigence apparaissait également dans ma vie amoureuse. Petite amie à l’écoute, bonne amante, toujours créatrice de proposition de sorties, ouverte au besoin d’indépendance de l’autre quitte à ignorer mon propre besoin d’attention et de partage, je me devais de réussir ma relation. Finalement, cela ne fonctionnait pas tout simplement car je me retrouvais à étouffer dans une histoire qui ne me convenait pas. J’avais transposé ce contrôle, cette pression dans tous les aspects de mon existence. Dans ma réalité, la vie était un combat dans laquelle je devais toujours être prête à me battre. Rien ne pouvait s’accomplir et advenir de façon simple et fluide.

Le regard des autres a très certainement joué un rôle important dans la non-autorisation que je m’imposais. Que penserais l’autre si je me donnais le droit de pleurer, d’échouer, de ne pas être à la hauteur de ce que l’on m’avait demandé, s’il voyait que j’étais faible…? Mais aussi que penserait il si je dansais la vie, si j’étais moi-même, Être sensible et spirituel?

En fait, tout cet écrit me fait simplement dire que la première autorisation que l’on reçoit, doit d’abord venir de nous-même.

Autorisons nous à Exister telle que nous sommes.

 Autorisons tous les aspects de notre Âme à s’exprimer.

Autorisons nous à ne pas correspondre aux injonctions de notre entourage.

Autorisons nous à faire des erreurs, à échouer parce que la vie c’est avant tout des expériences.

Autorisons nous à vivre pleinement nos émotions.

Autorisons nous surtout à ne pas correspondre à la femme parfaite que l’on a toujours souhaité être. Celle-ci n’existe pas. Nous ne parviendrons jamais à atteindre cette exigence, à atteindre la vision utopique que l’on a de cette personne.

Autorisons nous simplement à jouir de la vie, de ce qu’elle nous offre sans culpabilisation

Taibi Kahler, psychologue américain, a notifié 5 injonctions (drivers) récurrentes qui ressortent souvent chez les individus :

  • Sois fort :

Nous avons certainement entendu dans notre enfance « Ne te plains pas, ne pleure pas, relèves toi ce n’est pas si grave,…)

Cela conduit une fois adulte à une personne incapable souvent de montrer ses émotions, ses sentiments, qui veut toujours de débrouiller seule sans demander d’aide. Il lui est très difficile de montrer sa faiblesse

  • Sois parfait :

L’enfant n’a pas reçu de signe de reconnaissance, adulte il sera perfectionniste, hyper-exigeant, constamment insatisfait de lui-même et des autres. Il sera dans le doute, ne se sentant pas à la hauteur et craindra l’échec

  • Fais plaisir :

L’enfant est reconnu s’il fait plaisir à l’adulte. « sois gentil, sois un bon élève… »

L’Adulte recherchera toujours l’approbation de l’autre, reniant souvent ses besoins pour répondre à ceux des autres. Il évite les conflits, est toujours dans la conciliation pour éviter tout remous quitte à taire ce dont il a profondément envie. Il s’oublie. Mais peut également vouloir « sauver » les autres sans que l’on lui ait demandé de l’aide et devenir ainsi envahissant

  • Fais un effort :

L’enfant a entendu « la vie est un combat, on n’arrive à rien sans se battre… » ou bien encore « tu n’es pas à la hauteur », « quand tu fais quelque chose investis toi complètement »

L’adulte pensera qu’il faut toujours se battre pour arriver à son objectif, que rien n’est simple. Il aura tendance à compliquer les choses, à n’aller que vers des situations difficiles pour montrer qu’il peut les surmonter. Il a du mal à accepter de se faire plaisir. Aura du mal parfois à aller au bout des choses et aura tendance à se dévaloriser, à penser qu’il n’est pas à la hauteur. Mais c’est également quelqu’un de persévérant, qui aime se dépasser et soutient les autres dans leurs efforts.

  • Dépêches toi :

Enfant on nous disait « on n’a pas le temps, on va être en retard »

Adulte il aura beaucoup de mal à gérer son temps. Il se mettra la pression pour réaliser toujours plus de choses, quitte à s’épuiser. Il s’ennuiera dans l’inaction.

Comment arriver à transformer ces croyances pour que leur emprise soit moindre :

D’où vient cette croyance ? Que t’a-t-elle apportée ? Quel est le gain dont tu bénéficies en conservant cette croyance ?

Quels sont les inconvénients de cette croyance ? Dans quelles situations est-elle nuisible ?

Comment peux tu transformer cette croyance pour qu’elle soit plus vivable pour toi?

Et si SOIT PARFAIT devenait SOIT TOI-MÊME TEL QUE TU ES :

Que se passerait-il si tu effectuais une tâche imparfaite ? Si tu demandais de l’aide ?

Qu’as-tu appris à travers tes échecs ?

Et si SOIT FORT devenait PERMETS TOI D’ETRE FAILLIBLE :

Que se passerait il si tu montrais ta fragilité, ta vulnérabilité, si tu exprimais tes émotions ?

Et si DEPÊCHES TOI devenait PRENDS TON TEMPS :

Que se passerait-il si tu prenais plus de temps pour effectuer une tâche ? Si tu prenais un temps pour toi dans la journée et profitais de l’instant présent ?

Et si FAIS PLAISIR devenait FAIS TOI PLAISIR, ECOUTES TOI :

Que se passerait-il si tu ne répondais plus toujours aux demandes des autres? Si tu te faisais plaisir à toi-même avant tout ? Que peux-tu faire pour te faire davantage plaisir ?

Et si FAIS UN EFFORT devenait FAIS LE AVEC PLAISIR, FAIS TOI CONFIANCE :

Que se passerait-il si tu réussissais ton objectif sans effort ? Si tu simplifiais les tâches ? Si tu définissais des objectifs réalistes ?

Aujourd’hui, dans le début de ma formation en coaching de vie, mon plus grand challenge est justement d’être cet Être imparfait, qui n’aura sans doute pas toujours les bonnes questions, les bons comportements, la bonne posture. Mais l’important n’est-il pas avant tout d’être pleinement présente et de créer l’espace pour mon client pour qu’il puisse réfléchir sur lui-même et se questionner ?

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