Et si j’étais enfin libre…

Sur ma terrasse cet après-midi, au détour de pensées le mot LIBERTE est apparu.

Cette liberté, je l’ai toujours revendiquée. Femme libre et indépendante, c’est ainsi souvent que je me définissais. Rien, ni personne ne semblait entraver mes envies, mes décisions. Libre de choisir le métier que je souhaitais, libre de partir à l’autre bout du monde, seule parfois, aucune contrainte puisque sans enfant, libre de sortir, libre financièrement parlant.

Je n’avais besoin de personne pour avancer dans mon existence. J’avais soi-disant la possibilité de faire ce que je voulais de ma vie, faire les choix que je souhaitais sans demander l’avis de qui que ce soit. Mon entourage et moi-même en étions persuadé d’ailleurs. Je vis dans un pays démocratique où chacun à la possibilité de s’exprimer, de vivre comme il le désire tant que le respect de l’autre est de mise. Alors oui, j’ai cette liberté extérieure.

Mais, en regardant ma vie de façon plus profonde, suis-je vraiment libre ? Pourquoi cette sensation d’étouffement, de manque d’air ne me quitte plus depuis des semaines ?

Mon passé m’oppresse, mes croyances me musèlent, mon esprit m’aliène, le poids familial m’enchaine. Je suis moi-même la gardienne de ma propre prison.

Je ressens souvent, cette fidélité à ma mère et mon père, et intergénérationelle certainement. J’ai toujours eu la sensation qu’ils se sentaient à l’étroit dans une existence qui ne leur correspondait pas.

Ma mère était une élève studieuse mais contrariée dans son évolution, son père ne souhaitant pas qu’elle continue ses études. Mon père se voyait facteur, mais à échouer à son examen et à passer le reste de sa vie professionnelle à effectuer un travail certes sécurisant mais qu’il n’aimait pas. Les contraintes agricoles pour aider mes grands parents se sont rajoutés à cela, plus les enfants bien sûr.

Aucun d’eux n’a finalement vécu la vie dont il rêvait. Ces rêves ont été enfouis sous la réalité. Je pense que ma mère, par l’éducation, a toujours profondément souhaité que nous accédions à cette liberté, que nous puissions choisir notre vie, ce qu’elle n’avait pu avoir.

Mon père, lui, sans doute par frustration était plus pragmatique. Il nous aiguillait vers la sécurité, la stabilité.

Mon frère, ma sœur et moi avons par contre toujours eu la possibilité d’aller vers ce à quoi nous aspirions. Cette liberté était cependant fictive car superficielle.

Car la Liberté n’est-elle pas avant tout intérieure? Mais de quoi s’agit- il au juste ?

  • C’est être LIBRE d’être soi-même. D’être différent, non-conforme à ce que la société nous matraque tous les jours. Il faut être beau, intelligent, avoir le même métier toute sa vie, être marié, avoir des enfants, un Livret A, partir en vacances une fois à la neige, une fois à la mer…
  • C’est enlever le masque et se montrer tel que l’on est vraiment et refuser de se laisser enfermer dans les attentes familiales et amicales
  • C’est vivre ses rêves, ses passions. C’est pouvoir changer la vision que l’on a des choses et se remettre en question pour accéder à la vie souhaitée
  • C’est se libérer du poids familial, de cette fidélité qui nous fait penser que nous ne méritons pas cette liberté si notre famille n’a pas pu y accéder, c’est cesser de croire que l’on a un devoir de sacrifice et de se livrer à la fatalité. «  De toute façon, dans ma famille on a jamais eu de chance… )
  • C’est se libérer sur regard des autres. Ne plus avoir peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas plaire, d’avoir honte et se sentir ridicule. C’est se dire que l’on s’en fout de ce que les autres pensent de nous, parce que tout simplement on est heureux
  • Libre de s’ouvrir à l’autre sans crainte, en toute confiance. Ne pas craindre de se montrer fragile et vulnérable
  • Libre de toutes dépendances, que ce soit des addictions ( alcool, drogue, sexe,…) ou une dépendance affective. Dépendre de l’autre pour être heureux, nous enferme finalement. Nous avons besoin de l’autre, pensant que l’on ne peut vivre sans sa présence. Etouffons, sommes dans un manque terrible quand il disparait. Son départ crée alors un vide que l’on n’arrive pas à combler. Nous sommes sous son emprise parfois, à sa merci, mendiant son affection, son amour, ne vivant qu’à travers lui. Nous n’existons pas sans lui et perdons ainsi toute liberté de choix
  • C’est se libérer de nos pensées toxiques, celles qui nous disent que l’on n’a pas de valeur, que l’on est nul, que l’on n’y arrivera jamais, qu’on n’est pas capable, que de toute façon c’est la vie et que l’on ne peut rien y changer… Se libérer de nos souffrances du passé qui nous pèsent toujours ( rupture, décès, abus, violences…) et de nos fausses croyances. Car justement ces expériences vont nous permettre d’évoluer.
  • C’est se libérer des émotions qui nous submergent. Comprendre pourquoi elles sont là et les écouter pour les apaiser
  • C’est se libérer de ses peurs. Nous craignons cette liberté souvent, car elle nous met face à notre propre responsabilité. En effet, Être Libre, c’est se dire que l’on a le choix de la direction que nous prenons ? C’est comprendre que nous sommes les seuls maitres de notre enfermement…
  • C’est enlever les limites que nous nous posons nous-mêmes, en nous disant que ce rêve est trop grand pour nous, que l’on ne mérite pas un homme ou une femme aussi formidable, que ce métier est trop exigeant pour nous…

Alors comment faire ? En assumant qui l’on est, en se respectant, en s’écoutant et en s’acceptant également. Alors oui, c’est difficile mais c’est sans doute le plus beau des cadeaux que l’on peut se faire. C’est par cette liberté que l’on pourra accéder à la plénitude et à la complétude. En s’affranchissant des chaines qui nous empêche d’avancer vers la vie dont on rêve vraiment et permettre à notre Enfant Intérieur de s’exprimer pleinement.

Alors je n’ai que deux questions à vous poser :

« Qu’auriez-vous envie de faire, de vivre ou d’exprimer dans votre vie pour ne laisser aucun regret derrière vous quand celle-ci s’achèvera ?»

« Que souhaiteriez vous que l’on dise de vous lors de votre oraison funèbre »

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