Être femme…

Je suis née de genre féminin. Petite fille qui aimait les robes, jouer à la poupée, adorait les contes de fées parlant de prince charmant… J’avais cette fragilité, cette innocence, cette tendance à la rêverie qu’ont la plupart des « princesses ». J’étais heureuse d’être venue au monde en tant que fille. J’y trouvais une certaine magie. J’aimais cette part sensible faite de ressentis, de connexion à la nature, aux livres, aux histoires. Je comprenais qu’elle m’était transmise par cette facette de mon Être.

Mais finalement à mon adolescence, inconsciemment, j’ai décrypté que pour ma mère, être femme, n’était pas une position heureuse. Comme si elle s’était sentie enfermée dans ce statut, subissant un sort qui ne lui convenait pas. Femme au foyer, sans permis, sans revenu propre, elle était dépendante de mon père. Je pense qu’elle souhaitait pour ses enfants (ma sœur et moi), une liberté qu’elle n’avait pu avoir. Oui nous étions nées fille, mais elle nous recommandait, par voie détournée, de ne pas nous soumettre aux hommes, de ne pas rentrer en attachement, en enchaînement à l’autre. Faire des études, être indépendante pour avoir une existence que nous aurions choisi, pouvoir être autonome, tels étaient ses voeux.

L’homme, par elle, m’était montré comme ennemi à mon accès à la réalisation de mon Être.

Par fidélité peut être ou par nécessité d’affronter les vicissitudes de la vie, j’ai renié cette part féminine, développant par là-même mon énergie masculine. J’étais dans l’action, dans le combat, persévérante, ambitieuse, refusant de me laisser enfermer dans une relation, me fermant à l’autre.

Je pouvais aimer mais ne jamais me donner entièrement de peur de me perdre. Je voulais garder la maitrise. J’ignorais ainsi ce côté féminin. N’étant liée d’aucune façon à mon intuition, à ma sensibilité, à mes émotions. J’annihilais cette part créative, cette vulnérabilité. Ce visage plus doux, rêveur disparaissait sous le masque de la froideur.

Je me savais femme et étais fière de ce statut, mais en même temps j’en oubliais tous les aspects. J’étais devenue une femme au tempérament plus masculin, imposant farouchement son droit d’être libre. Voyant souvent, comme l’avais transmis ma mère, l’homme comme un adversaire.

Dans ma croyance, Être Femme c’était être Victime. Et cela était inconcevable pour moi. Je ne pouvais me trouver en état de faiblesse.

Par les différentes couches de mon Être qui se dévoilent peu à peu, je prends conscience de ce besoin aujourd’hui de laisser à nouveau émerger cette Femme en moi, cette énergie puissante de lien entre ciel et terre.

Ne plus avoir peur et honte de ce statut de Femme.

Qu’est-ce  qu’être femme ?

Être femme c’est accueillir l’autre. Je crois que c’est son plus beau « talent ».

Être dans l’accueil d’un homme en elle, d’un enfant, tel est le rôle défini dans toutes les civilisations. C’est ainsi qu’elle est perçue et cloisonnée souvent. Mais pour moi, sa place est au-dessus de tout çà, c’est accueillir l’Humain. Ouvrir les bras, ouvrir son cœur et son âme pour offrir son hospitalité et que l’autre puisse se déposer sans peur de jugement, être accepté tel qu’il est.

Mais c’est surtout s’accueillir elle aussi. Prendre conscience de sa valeur, de son potentiel, de sa force. Retrouver sa lumière et assumer pleinement ce qu’elle est. Laisser émerger sa créativité, ses talents. Être fière de sa position de femme, de sa différence. C’est tirer sa puissance de son expérience.

Être femme c’est faire la place à ses émotions, les autoriser, être en paix avec elles.

C’est développer son intuition, sa compréhension de la vie et des évènements.

C’est être consciente de son corps et l’aimer.

C’est être épanouie dans sa sexualité

C’est être libre et consciente de son pouvoir. Ne pas se laisser enfermer dans les diktas de la mode, de la société, des hommes, mais aussi d’un féminisme trop agressif

C’est se respecter

Être femme c’est être dans le partage, dans le don de soi, mais ne jamais s’oublier. Vivre dans l’ouverture à l’autre. La sagesse l’amène à sortir des rivalités.

C’est être dans l’Unité

Elle ne se soucie pas de plaire à tout prix, même cherche juste à être elle-même avec ses failles

Harmoniser le Masculin et le Féminin

Alors je me reconnecte à petit pas à cette énergie féminine, à cette sensibilité de femme, à cette fluidité. Dire ces mots m’émeut. Je me sens aujourd’hui plus apaisée d’avoir retrouvé cette part de moi. Me sens belle en tant que telle et comprend qu’elle est ma force.

Ma polarité masculine est toujours en moi, mais je cherche à la minimiser, à trouver un juste équilibre. Car les deux sont nécessaires pour une harmonie interne. Il faut savoir laisser éclore l’énergie yin ou yang selon les situations, les impératifs de la vie.

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