J’ai confiance…

En train de lire un livre sur la vulnérabilité, je me demande si finalement la confiance n’est pas la clé. Afin d’être en capacité de se montrer vulnérable encore faut-il être en mesure d’avoir suffisamment confiance en soi, aux autres et en la vie.

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Grande question pour moi que la Confiance.

En fait ce mot regroupe tous les maux dont je souffre : peur de la trahison, sensation de ne pas mériter l’amour, défiance vis-à-vis de la vie, de l’autre, peur de l’engagement, de l’abandon, du rejet, de me dévoiler, difficulté à assumer qui je suis.

Ne pas avoir confiance en soi c’est douter de sa valeur, de sa capacité à affronter les évènements. C’est craindre de divulguer son âme. Croire que l’on n’est pas capable. Redouter le regard de l’autre et se comparer. C’est s’autojuger et se critiquer constamment.

Alors comment acquérir cette confiance ? La seule manière finalement c’est en osant. Oser affronter ses peurs. Agir. Faire des choses qui nous font envie mais qui nous effraient, dans lesquelles on pense que l’on ne sera pas à la hauteur. Essayer juste pour voir. Se tester. Accepter que peut-être on échouera mais que ce n’est pas grave, car nous aurons eu le courage de nous dépasser et là sera notre victoire.

La semaine dernière durant 4 jours je suis partie effectuer un stage de « Confiance en soi par l’improvisation théâtrale ». Autant dire que sur le papier, rien ne me rassurait. « Théâtre » était synonyme pour moi « d’exposition », se montrer devant tout le monde, parler en public.

Peu de temps avant, l’organisatrice nous avait envoyé un message pour nous préciser que chacun d’entre nous devait préparer une présentation reflétant notre personnalité. L’appréhension était à son comble.

Mais pour une fois, loin de voir cela comme un acte insurmontable, je me suis persuadée de son utilité fondamentale. Je me devais, si je souhaitais grandir, me lancer dans cette « aventure ». J’y allais sans vraiment d’attentes, sans projection. Et finalement, de retour chez moi, je suis fière d’avoir pu à certains moments lâcher-prise et prendre du plaisir à jouer sans me poser de question. Quel bonheur de juste incarner ce clown, qui lui, se laisse le droit de vivre pleinement ses émotions. En mettant son nez, je n’étais plus moi, mais un autre personnage, libre, loin du spectre du jugement. Il était lui-même tout simplement, s’exposant à sa vulnérabilité. J’ai ressenti une forme de libération en me glissant dans son « costume ».

Je découvrais une Sophie susceptible de créer une histoire loufoque, de faire parler son imagination, de faire rire. Je n’avais plus le souci de vouloir être à la hauteur. J’avais le désir de m’amuser.

Ce que je faisais ne me définissait pas. Je n’étais pas ma proposition. Je gardais ma valeur quoiqu’il en soit.

Le fait d’oser m’avait juste permis de voir qu’en fait j’avais davantage d’aptitude que je ne le pensais. J’étais fière du chemin accompli. Bien sûr bien d’autres défis seront encore à relever, plus challengeants. Mais petit à petit, je renforce cette confiance. Mon ennemi juré est la stagnation, l’auto-apitoiement, le ressassement de mes échecs.

Le premier pas est de prendre conscience de sa valeur, de ses talents, puis de se confronter à la réalité. Prendre tout d’abord des risques minimes, se mettre en « danger ». L’enfermement et l’isolement vous coupe finalement de cette assurance. Vous vous sentez en sécurité mais perdez de plus en plus confiance en vous.

Je me suis protégée des années durant par peur du monde, finissant par m’emmurer dans une prison dorée, loin de toute vie. J’avais abouti à un sentiment de non-existence. Ne plus s’exposer c’était ne plus souffrir mais aussi finalement ne plus aimer, ne plus vibrer, comme une petite mort en somme.

Mon inscription sur un site de sorties amicales, puis ma rencontre avec F, m’ont permis de remettre un pied dans l’univers des vivants. Beaucoup d’appréhension, de blessures, de doutes sont apparus mais malgré toutes les difficultés et les souffrances, la sensation de retourner à la vie me donne le courage de continuer mon chemin.

« Ne doutes jamais de Toi-même, tu es Capable de bien plus que tu ne le Crois »

Certes me viennent parfois des moments de découragement, des besoins de solitude et de retour à moi-même, mais je poursuis la route à mon rythme. J’essayes de me pardonner mes écarts, d’accepter mes humeurs changeantes, mes baisses de moral. Je me donne le droit de pleurer, de me morfondre parfois pour avoir la force par la suite de remonter en selle.

Car c’est là que rentre en jeu la confiance en la vie. Croire que quoiqu’il arrive, elle vous apporte le meilleur. Elle vous aide à grandir, à évoluer à travers les épreuves. Tout est apprentissage.

Dieu sait que cette notion est très difficile pour moi à intégrer. J’ai une profonde conviction théorique de cette doctrine, mais je sens depuis quelques semaines qu’intérieurement elle a du mal à s’imprégner en moi. M’étant longtemps sentie trahie par elle. Ne comprenant pas que malgré tous mes efforts, toutes mes remises en question, l’aboutissement dans le monde matériel ne se fasse pas sentir. Le temps de l’Univers n’est sans doute pas le mien. Le lâcher-prise et la confiance totale dans ce qui va advenir m’est encore difficile.

Comme l’est ma confiance en l’autre.

Je tente toujours de partir sur un à priori plutôt positif vis-à-vis des personnes que je rencontre, supposant qu’ils ont des intentions sincères. Cependant, je ne peux m’empêcher à de brefs instants de laisser le doute s’immiscer. Puis-je vraiment être sûre que cette personne ne me fera pas de mal ? Puis-je me dévoiler sans crainte? Est-ce que je peux compter sur elle ?

Les différentes trahisons, dont celle de S., qui reste certainement la plus douloureuse, sème la défiance.

Il convient d’accepter qu’il y a toujours une part d’incertitude dans sa relation aux autres. Je ne pourrais jamais avoir la preuve absolue qu’un individu ne sera pas en mesure de me trahir à un moment donné de ma vie. Dois-je pour cela me contraindre à porter sans cesse cette armure ? Elle devient si lourde à porter. Je sens que mon âme a envie aujourd’hui de laisser mon cœur s’ouvrir. Car finalement cet emprisonnement lui fait plus de mal que les blessures que l’on pourrait lui infliger.

Je ressens ce combat intérieur entre mon Être et mon Ego, l’un souhaitant aller vers la confiance et l’autre préférant la sécurité et la protection.

Je suis lasse, fatiguée de cette bataille interne. J’ai à présent envie de poser les armes et me laisser porter. Ne plus penser. Trouver un calme et un apaisement, une manière de faire cohabiter ces deux parts de moi. Découvrir la Voie du Milieu.

Questionnement

  • Quels sont les sentiments que vous ressentez à votre sujet ?
  • Comment vous jugez vous ? Vous montrez vous indulgeant envers vous-même ?
  • Vous sentez vous digne d’amour ?
  • Cherchez vous l’approbation des autres ?
  • Quelles sont les critiques qui vous touchent le plus ?
  • Qu’est ce qui vous est insupportable ?
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