Je respire…

Dans un article précédent, je t’avais déjà parlé de liberté. En ce jour, je crois qu’elle m’est encore plus vitale. Je prends conscience de tout le poids de ce mot. Je ressens surtout cet enfermement que je vivais depuis toutes ces années. Je retrouve peu à peu cet espace, ce souffle que j’avais perdu en me taisant. Comme prisonnière à l’intérieur de moi-même, prisonnière des gens autour de moi. Je sentais le poids de leurs attentes, de leur douleur, de la recherche en moi de tout l’amour qu’ils avaient perdu sans doute. En voulant me prendre mon énergie, ma lumière pour éclairer leurs vies, ils espéraient certainement que je les sauve d’eux-mêmes, de leurs souffrances, des maux qu’ils ne voulaient pas affronter.

Je me persuadais qu’ils avaient besoin de moi pour y faire face. Je voulais être leur phare, leur lueur d’espoir et croyais avoir la force de les sortir de leurs tourmentes.

Car bien sûr, ils n’étaient pas coupables. Je plongeais moi-même à cœur perdu dans ce « sauvetage ». Je me rendais compte pourtant que j’y perdais une part de moi à chaque fois. Je me privais de ce que j’étais pour être à leur service, à leurs côtés.

Cette Liberté j’y avais goûté, me culpabilisant quand son goût sucré me faisait chavirer, et mon âme en désirait plus. Je crois l’avoir toujours convoitée, me refusant à tout engagement.

ENGAGEMENT : Quel mot à la fois merveilleux et terriblement angoissant. Ma valeur de fidélité, d’honnêteté me fait apprécier sa représentation, mais en même temps je l’ai toujours fui dès que je le pouvais. Et finalement j’ai toujours eu face à moi des hommes craignant de s’engager avec moi. Je me vois attirer autour de moi des personnes ayant cette même ombre qui pèse sur eux.

Que représente-t-elle ? Que cherchons nous à fuir ? Qu’est ce qui nous fait si peur ?

Car il ne s’agit pas ici que d’un engagement amoureux, mais aussi d’un engagement professionnel, d’un engagement de vie, mais surtout de m’engager envers moi-même. M’assurer de me donner le meilleur, sans concession. M’octroyer cette liberté à laquelle j’aspire de tout mon Être. Laisser le poids des autres s’envoler de mes épaules, m’alléger de ce fardeau devenu trop lourd à porter.

Je souffre d’un manque d’amour et en parallèle j’étouffe parfois quand je sens les attentes qui se cachent derrière l’affection qu’on me porte. Cette pression invisible me terrifie, m’angoisse et me pousse à prendre du recul, de l’espace pour ne plus sentir cette contrainte, cette aspiration de ma force intérieure. Je sais que mes mots paraissent étranges et incompréhensibles peut-être, mais c’est comme si j’avais la crainte que l’on me dérobe une partie de moi. Je m’éloigne dès que je le peux des personnes ayant des énergies négatives car je pressens ce « cambriolage » à venir.

Retrouver la Liberté est également synonyme pour moi de sortir du rôle dans lequel on m’a enfermé pendant des années. C’est m’affranchir de la responsabilité des actes des autres en les laissant se confronter à eux-mêmes, leur redonner leur pouvoir. C’est pouvoir choisir d’être présente pour autrui par désir et non plus par obligation. C’est affirmer que le fardeau est trop lourd et que je ne suis plus en mesure de continuer à le porter seule. C’est ne pas dépasser mes limites.

Alors, en ce jour je l’avoue, la mort de mon père a été une forme de soulagement. Et pourtant je l’aimais éperdument. Son décès a été comme une délivrance pour la femme que je m’empêchais d’être. Je pouvais à nouveau reprendre contact avec la vie. Accepter de vivre, d’aimer, d’être heureuse. Une partie de moi se sent coupable de ces mots, malgré tout ils n’enlèvent rien à l’affection que je lui portais. Je ne me sens juste plus tenu de lui être « fidèle » et « dévouée ».

A présent, j’ai appris à prendre du recul par rapport aux désirs de l’autre, me privilégiant davantage. Je suis toujours présente pour lui, mais sans m’impliquer dans l’histoire de la personne, sans plonger dans sa souffrance, sans attentes. Mon oeil est plus extérieur, plus juste et vrai aussi certainement car je n’y inclus plus mes propres angoisses et afflictions.

Je crois avoir peur de me tromper, peur de me donner totalement à un Être qui ne le mérite pas, peur d’être abandonnée, peur de m’enfermer dans une existence qui n’est pas faite pour moi, peur de devoir rester cloisonner dans un espace restreint, de ne plus pouvoir bouger, m’envoler vers des destinations lointaines.

Celle que je suis aujourd’hui, avec ses désirs, sera-t-elle la même demain ? S’attacher c’est finalement devoir renoncer à autre chose. Peut-être de plus beau encore… Rien n’est permanent n’est-ce pas ? Et pourtant, j’avais tant besoin d’éprouver ce sentiment de sécurité.

Je me rends compte que je suis sans cesse dans une dualité : engagement-liberté, sécurité-aventure, amour serein-passion, solitude-rencontres, cocooning-sorties, campagne-ville, le connu-l’inconnu…

Je suis complexe. Je suis l’un et l’autre. Par période, par morceaux choisis. Et c’est pour cela que m’engager est si compliqué pour moi. J’ai peur du renoncement. Je crains que l’on me force à choisir, car je ne peux choisir. J’ai besoin de l’un et l’autre pour vivre en harmonie, pour trouver un équilibre. J’aime être amoureuse et n’avoir d’yeux que pour l’homme que j’aime, mais je veux aussi pouvoir avoir du temps pour moi, seule ou avec mes amis. La famille est importante pour moi, mais son histoire me pèse et m’étouffe. Mon projet professionnel m’enthousiasme et m’emplit d’énergie et en même temps sa grandeur me terrifie. Avoir des espaces de solitude, mais également aimer les sorties et être entourée des gens que j’aime.

Je suis dualité. Et si je pouvais finalement conserver chaque facette ? Si je n’avais pas besoin de renoncer ?

Questionnement :

Si tu n’as pas encore identifié la cause, voici des questions qui t’aideront à l’identifier :

  • Est-ce que tu as toujours eu peur de t’engager ?
  • Si c’est la première fois, pourquoi as-tu peur de t’engager dans cette relation, cette situation, alors que ce n’était pas le cas précédemment ?
  • Est-ce que cette peur est liée à ton partenaire actuel ? à ton historique amoureux ? à ton historique familial ? A des échecs vécus? Autres?…

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