La Honte

Avoir honte de qui je suis, de certains de mes actes. Je porte en moi cette Honte.

Enfant déjà, je me comparais aux autres enfants et avait déjà cette conscience que ma vie ne ressemblait en rien à la leur. Petite fille de paysan, j’accompagnais encore mes parents dans les champs, dans les vignes. 3ème d’une fratrie et ayant évoluée dans une famille au revenu moyen, mon père était en effet le seul à travailler, la seconde main était mon lot, que ce soit pour les habits, le vélo ou tout ce qui pouvais resservir. C’était le recyclage avant l’heure. Jusqu’à mon adolescence, je n’avais donc jamais les derniers vêtements à la mode.

Résonnes encore en moi, les mots d’une des enfants à l’école « Paysanne ». Telle était la façon dont on me voyait sans doute. En tout cas, c’est ainsi que je me voyais. Me sentant en complet décalage avec mon environnement familial, dont j’avais honte. Je refusais cette condition paysanne. J’aurais voulu grandir dans une maison bourgeoise entourée de livre, de musique, de beauté. J’avais honte de qui j’étais. Sortir de cette condition. Je savais qu’une autre vie existait, jusque là, elle ne vivait qu’au travers de mes rêves. Je souhaitais une revanche, changer de classe sociale. Cette aspiration m’a longtemps poursuivie par la suite. Les études et les voyages ont été pour moi des échappatoires

Dessin animé que j’adorais ado…

Le temps a passé, et pourtant cette honte m’a poursuivi. Je n’étais jamais assez intelligente, assez sexy, assez ouverte, assez belle, assez téméraire. Sans cesse dans la comparaison, je rejetais qui j’étais. J’étais à mon goût toujours trop ou pas assez. J’aurais souhaité changer mon histoire, qu’elle soit plus romanesque, plus empreinte de passion, de chaleur et d’amour. Et finalement, j’aurais voulu être quelqu’un d’autre. Ce sentiment m’a amené à me replier sur moi-même, cachant qui j’étais, créant un personnage fictif plus intéressant selon moi.

Ce passé et le poids familial, j’ai mis longtemps à l’accepter, à comprendre la force et la grandeur de mes aïeux, leur résilience. Je pourrais même dire aujourd’hui que je m’en veux de les avoir reniés. C’est grâce à eux que je suis la femme qui vous parle, parce que j’ai éclos dans cet espace-là, au milieu de la nature, dans un cadre verdoyant, pleins de valeurs.

Mes parents m’ont apporté plus qu’une richesse financière, leur cadeau a été de m’apprendre à être une belle personne.

C’est en comprenant qui l’on est, quelles sont nos qualités, nos ombres, les valeurs importantes à nos yeux, que nous pouvons nous diriger vers une vie qui nous ressemble. Accepter notre Moi, c’est nous aimer entièrement. Tous les aspects de notre Être sont à accueillir, même les plus sombres. Ils font ce que nous sommes, nous font apparaitre nos blessures, notre humanité. En être conscient et les considérer comme une part de nous, permet d’amoindrir leur force. Les nier c’est les rendre encore plus présents et envahissants.

Laisser la honte, c’est aussi Oser. Oser être imparfait, oser dire des bêtises, oser être ridicule, oser se tromper. C’est difficile. Cette honte nous paralyse souvent dans nos actions. On a peur de décevoir, de paraitre sous un aspect moins glorieux, peur de notre vulnérabilité. Mais la seule façon de dépasser cette honte est de prendre ce risque.

Qu’est ce qui pourra nous arriver de plus terrible dans cette situation ? Quel est le vrai risque ?

Est-ce les autres qui définissent qui vous êtes ?

La honte dépend de la présence d’autrui, mais également face à nous-mêmes. Parfois nos propres manquements, défaillances, imperfections morales et égoïsmes nous font honte. L’image que nous souhaiterions avoir de notre personne s’effrite. Nous nous voyons tel que nous sommes, c’est-à-dire imparfait. Cela peut être difficile pour ceux qui justement ont cette soif de perfection et une exigence démesurée vis-à-vis d’eux-mêmes. Et puis, si les autres s’en rendaient compte…

Là encore, la compassion est la clef. L’acceptation et l’accueil de nos faiblesses. Changer nos pensées quand celles-ci apparaissent comme des bourreaux prêts à vous conduire à l’échafaud.

Passer du

« non mais tu t’es trompé et est passé pour un imbécile, la honte »

A

« oui tu as commis une erreur, tu as montré que tu avais toi aussi des faiblesses. Tu es humain comme tout et un chacun et c’est ok. Tu feras mieux la prochaine fois car tu as appris de cette expérience »

Alors soyons Doux avec nous-mêmes. Portons sur nous un regard plein de bienveillance comme nous le ferions avec un ami

J’ai honte de dire que j’aime cette chanson. Elle m’éclate

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