La souffrance des non-dits

Je ressens aujourd’hui ce besoin d’harmonie, de partage et de communication. Être en lien avec l’autre en toute simplicité, avoir foi en lui et lui ouvrir mon cœur en toute confiance. Depuis des mois, des évènements viennent me rappeler cet appel de vérité. Cette nécessité irrépressible de comprendre, d’être en contact avec des personnes ouvertes, dans le dialogue, dans l’explication des ressentis. C’est comme si parfois, je vivais ce manque de parole, d’éclaircissements comme une trahison.

Je ressens au fond de moi le malaise, le mal-être, les difficultés, l’exaspération latente de l’autre. Le fait de ne pas pouvoir mettre de mots sur ce ressenti, crée une frustration intense. Je me sens mal. Je vis une situation trouble mais suis dans l’impossibilité d’en trouver le pourquoi. Cela se transforme en une forme d’angoisse, un nœud dans le ventre, une tension dans tout le corps. Mon mental part dans un ressassement.

Cela me ramène certainement aux images de mon enfance, face à cette mère « muette », qui certes était présente mais si absente en même-temps. Une pesanteur flottait, une lourdeur de l’âme. J’éprouvais en moi ses peurs, ses angoisses, son marasme intérieur, mais ne pouvait définir leurs origines. J’ai pris des dizaines d’années à me détacher de ce mal qui ne m’appartenait pas. A chaque non-dit aujourd’hui pourtant, je revis ce désarroi. Ais-je vraiment couper cette transmission ?

Un homme qui ne donne plus signe de vie, après de nombreux échanges, sans message d’explication fait ressortir une vive colère, une sensation de non-respect, de rejet certainement. Même si de plus en plus, je prends conscience de ma non-implication dans le processus de réflexion et de décision de la personne. Mon Être n’est pas remis en question. C’est son propre questionnement qui le fait douter. Je ne suis que le reflet de sa peur de l’engagement. Son acte ne m’appartient pas. Seuls mon interprétation et la façon dont je le vis dépend de moi.

Cette envie d’honnêteté, de franchise, de transparence était parfois si prenante, que la privation de réponses me devenait insoutenable. Je recherchais un retour de la personne, allant jusqu’à provoquer l’autre pour obtenir cette libération. Peu m’importait finalement les paroles prononcées j’avais juste besoin de savoir, de sortir de ce trou noir.

Ce manque de communication, d’échange a souvent été la cause de mes ruptures. Aucun de nous n’était capable d’exprimer ses sentiments, ses irritations, ses ressentiments, ses souffrances du passé. Nous n’arrivions pas à nous dire. A mettre en exergue les difficultés. Nous n’osions pas, par crainte du conflit, de s’exposer, de se dévoiler. Finalement cette absence d’échanges, nous a conduit vers une voie sans issue. Aujourd’hui, je refuse de continuer sur ce chemin. J’éprouve souvent une urgence à poser des mots sur mes ressentis et en attend de même des hommes que je rencontre.

Nombre de personnes grandissent dans une famille, dans laquelle un secret est profondément enfouit. Bien qu’elle n’ait jamais entendu parler de cette ombre planante, elle vivra le malaise qu’elle aura déclenché. Toute sa vie, elle portera un poids inconnu. Jusqu’au jour où ce secret sera enfin éclaircit et ainsi elle pourra se libérer de ce fardeau.

Que de silences, de tristesse sous-jacente cet individu aura subi. Que de temps perdu à la compréhension de son mal-être, de sa sensation de ne pas être conforme. Qu’ils concernent des conflits de famille, des maladies, des adultères, des amours cachés, la mort, la sexualité. Rien n’est plus terrible finalement pour la personne que le NON-DIT.

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Ne pas savoir, ne pas comprendre. Les mots non prononcés résonnent au fond de lui et attendent leurs échos.

Les secrets de certaines familles guident s’en sans rendre compte certains destins. L’image de la lignée, sa réputation se devait d’être préservée. Mais malgré la tentative de dissimulation des évènements, ils transpirent à travers l’étrange attitude des parents. Taire pour effacer ce qui n’aurait pas dû exister. « Ne rien dire pour ne pas faire face à des émotions refoulées, pour ne pas réactiver une blessure ».

Ce non-dit n’empêche pourtant pas la souffrance de continuer à perdurer dans son corps et de la transmettre à sa descendance. Celle-ci aura des symptômes qu’elle sera incapable d’interpréter.

A présent, je cherche à être moi-même dans la vérité, dans l’expression et espère m’entourer de gens qui sont dans cette même dynamique. Parler pour éviter les malentendus, les fausses interprétations, mettre en lumière des situations. Parler pour dire que l’on s’aime

Je me dois peut-être pourtant d’accepter que certaines personnes ne sont pas encore prête à faire ce pas.

Et comprendre avant tout, s’il se présente à moi, ce que ce non-dit touche si profondément. A quelle douleur fait-il appel?

J’écris aujourd’hui ces derniers mots et rentre dans une retraite méditative de 6 jours avec des temps sans parole, sans livre, en évitant tout contact extérieur. La synchronicité me questionne…Cet article a pour sujet les non-dits et je rentre dans une phase où justement je ne pourrais pas dire…

Questionnement

Quels sont les situations floues qui perdurent dans ta vie?

Peux tu obtenir des réponses?

Qu’est-ce que ces situations touchent en toi? A quoi te font elles penser?

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