Le poids de la Fidélité

Avez vous parfois la sensation de vivre une vie qui ne vous correspond pas ?

Vous sentez comme une dissonance, une impression de mener une existence qui n’est pas vraiment conforme à vos aspirations.

Vous avez des craintes, des modes de pensée, des comportements qui vous freinent dans votre avancée. Vous vous en voulez de ces agissements, de ces peurs inexplicables. Et pourtant… Il vous semble si compliqué de changer. Malgré tous vos efforts, malgré tout le travail de compréhension, de développement personnel, rien n’y fait. Vous restez bloqué sur des croyances, sur des schémas récurrents.

Et si en fait tous ces « programmes » ne vous appartenaient pas? Et si tout simplement, vous reproduisiez ce que vous avez entendu, intégré quand vous étiez enfant. Et si en gardant toutes ces pensées, toutes ces attitudes même néfastes, vous souhaitiez tout simplement rester fidèle à votre lignée familiale, à votre père ou votre mère.

Vos parents pensaient que ceux qui avaient beaucoup d’argent était des voleurs, vous vous empêchez inconsciemment d’en gagner.

Vos parents étaient ouvriers, vous ne voulez pas les écraser en réussissant.

Votre mère a souffert par amour, vous ne vous autorisez pas à avoir une vie amoureuse épanouissante.

Votre grand-père a dû se cacher pendant la guerre, du coup vous en avez conclu qu’il est important de ne pas se montrer, d’être discret.

Un enfant est mort dans votre famille, vivre pour vous serait renier ce décès…

Dans de nombreux cas, nous avons enregistré dans notre cerveau, que pour être aimé il vous fallait combler les attentes de nos parents, ne pas leur faire de peine. Vous considérez qu’ils passent avant vous, que vous leur êtes redevable de vous avoir mis au monde. Vous avez la sensation de devoir les protéger. Cette sensibilité qui vous caractérise, cette empathie, cet amour de l’autre, vous conduit à en oublier vos propres envies, votre propre bonheur.

Par fidélité, parce que votre héritage est parfois si lourd, il pèse sur vos épaules comme une chape de plomb. Ce bagage vous entrave, trouble votre vision de la vie, des rapports humains. Ce n’est plus votre regard qui se pose sur les choses mais ceux de vos aïeux.

Par loyauté pour votre clan, vous vous empêchez de vivre pleinement.

L’existence à laquelle vous aspirez est parfois si éloignée de l’atmosphère dans laquelle vous avez grandi. S’en extirper est difficile. C’est tout remettre en question, avec cette impression de tourner le dos à votre lignée. Cela demande du courage, car certains préfèrent rester dans la souffrance de ne pas être eux-mêmes plutôt que de « nuire » à leur famille.

Mais vivre sa propre existence, ce n’est pas rejeter sa famille, cela ne veut pas dire que vous ne les aimez plus, que vous les trahissez. C’est simplement que vous vous respectez. En vous libérant, vous montrerez peut-être l’exemple et autoriserez d’autres membres du clan de s’affranchir.

L’appel de notre âme est fort. Elle nous demande, nous invoque de nous affranchir de nos chaines. Encore faut-il prendre conscience du schéma dans lequel nous évoluons. Nous n’en sommes souvent absolument pas conscient.

En ce qui me concerne être heureuse, vivre ma vie, avoir une vie de couple a longtemps été quelque chose que je ne pensais pas mériter. Je n’y avais pas accès, ce n’était pas pour moi. De quel droit pouvais-je aspirer au bonheur alors que ma mère, mon père, ma famille avait tant souffert ?

Je croyais devoir porter la douleur de ma mère, lui rendre cet hommage. Accéder à cette liberté qu’elle n’avait pas eu, dont elle avait peur certainement, mais qui lui manquait tant je crois. Tel avait été ma perception.

Mais ne serait-il peut-être pas plus juste d’imaginer que ma mère aurait souhaité pour moi une vie épanouissante, à côté d’un homme aimant. Libre mais dans le partage.

Aujourd’hui posez vous la question :

«  Par quels aspects de ma vie, suis-je fidèle à mes parents ? Est ce que je porte des croyances qui ne m’appartiennent pas et que je peux laisser partir ?

Est ce que je vis Ma Vie ou la vie de quelqu’un d’autre ? »

Posez par écrit toutes ces fidélités et regardez si vous souhaitez les conserver. Si pour vous elles ont encore lieu d’être.

En prendre conscience est le premier chemin pour s’en libérer.

Vous pouvez également écrire une lettre à votre mère, père, grand-père, grand-mère,… en lui indiquant que vous lui redonnez toutes ses croyances, toutes ses façons de voir la vie, bref tout ce qui lui appartient. Affirmez-y votre volonté à partir de maintenant de vivre selon votre coeur. Puis brûlez cette lettre en étant pleinement présent.

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