Le syndrôme de l’imposteur

Je ne me sens pas assez. Pas légitime.

De quel droit puis je prétendre à être coach, à accompagner d’autres personnes vers leur évolution alors que moi-même j’ai encore tant de doutes, tant de peurs, un manque de confiance en mes capacités. Cette peur me dévore, me consume, m’empêche d’avancer parfois. Je combats, vais de l’avant malgré tout mais rien ne me semble fluide, léger. Je devrais être dans une joie de réaliser mes rêves et pourtant je me trouve face à moi-même, à mes manquements, mes craintes.

Pourquoi des clients me choisirai en tant que coach ? Je regarde autour de moi et ne peux m’empêcher de me comparer. Je me trouve sans cesse confronté à des personnes évoluant dans un secteur d’activité parallèle ou similaire au mien. Leur proposition s’avère proche de ce que je souhaite offrir et je me dis alors que je n’apporte rien de nouveau.

Qu’elle est ma valeur ajoutée ? Ces accompagnants sont déjà installés, ont une vision claire de leur profession.

Je me sens si perdue parfois. Je prends conscience d’un réel manque de confiance de moi en tant que coach. Comment toucher les autres ? Comment faire passer mon message ? Comment m’affirmer dans ce monde inconnu ? J’ai l’impression encore une fois de ne pas y avoir ma place.

Tout vient de moi, de mon ego, de toutes ces pensées envahissantes qui m’amènent à tout remettre en question. J’en viens même parfois à tout vouloir abandonner. Je n’y crois plus.

Est-ce possible d’être auto-entrepreneur, coach et de douter si fortement de soi ? Cela me parait si incongru, impensable. Cette soif de perfection me frappe au visage à nouveau.

Alors bien sûr je sais au fond de moi que d’autres ont traversé les mêmes tempêtes, les mêmes questionnements intérieurs. Je suis pourtant jalouse, je dois l’admettre, face à des gens si sûrs d’eux-mêmes, qui même sans formation ose se nommer coach. D’où leur vient cette profonde certitude, cette confiance, dont je semble tant être dépourvue.

Admettre ici cette peur m’est difficile, m’y retrouver confronter m’est pénible.

Cette dualité en moi, cette part de moi pleine de peurs, d’angoisse est aussi moi. L’ignorer, la nier, faire comme si elle n’avait rien à dire, qu’elle n’avait pas droit de citer ne sert à rien et augmente encore mon mal être. Alors j’essaie de l’accueillir, je lui demande ce dont elle a besoin, quels messages elle cherchent à me transmettre. L’entendre mais ne pas me laisser submerger par elle. L’autoriser à s’exprimer mais garder le choix de la dépasser. C’est finalement ce qui m’appelle aujourd’hui.

Notre peur est basée souvent sur des illusions. Posons-nous la question : ce danger est-il réel ? Qu’est- ce que je risque ?

Au fond qu’elle est ma crainte ? Celle d’être dénoncée comme incompétente ? Celle de ne pas avoir de clients ? Celle d’être déstabilisée face aux errements des personnes face à moi ?

Quel est l’enjeu ? Suis-je en mesure d’y faire face ? Ai-je la force de rebondir ?

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