Mais quels sont mes besoins?

Je te parlais de mon rapport aux émotions ou plutôt du fait que je n’étais pas connectée à elles. Je n’en prenais pas conscience en fait . J’ai pensé pendant des années que j’étais une femme forte, qui n’avais besoin de personne. J’ai connu des douleurs, des souffrances bien sûr et je les ai toujours surmontées. Toujours aller de l’avant était mon mot d’ordre.

Souvent quand on me parlait de mes parents et que je disais que ma mère était décédée quand j’étais adolescente, je voyais bien dans le regard de l’autre sa compassion, cette envie de me dire : «  cela a dû être dur de perdre cet être cher ». Mais en fait, il y avait une certaine incompréhension de ma part. Ma réaction aurait dû être la détresse, la tristesse, mais elles n’existaient pas en moi, du moins pas consciemment. Ma mère était morte c’était un fait. Aucun sentiment n’était relié à cela.

J’avais vite compris plus jeune, et cet évènement avait renforcé cette conviction, que si je me coupais de mon ressenti, la douleur serait moins intense. Ce qui ne m’atteignait pas, ne me touchait pas.

J’ai construit un mur, de plus en plus haut, de plus en plus solide, pour que l’on ne puisse pas me faire de mal. M’exposer à l’autre c’était m’exposer à un danger potentiel, le risque de souffrir, car l’autre pourrait potentiellement  profiter de ma vulnérabilité pour prendre le pouvoir.

Au fur et à mesure des années, je me suis donc efforcée de garder le contrôle, j’ai enfoui au fond de moi mes émotions. Cela a plutôt bien fonctionné. Je surmontais les épreuves les unes après les autres sans trop de dégâts. Mais à chaque nouveau coup dur, je me refermais un peu plus sur moi-même, m’isolant toujours davantage du monde.

Jusqu’au décès de mon père. Là, j’ai commencé à comprendre que la relation à l’autre me manquait. Alors j’ai essayé de rentrer en contact autrui. Ce que je ne savais pas c’est qu’en fait par là même j’allais aborder tout un pan de moi que je ne connaissais pas.

Et c’est là que la candidose est apparue. Je n’ai pas compris tout de suite. Cette maladie était rentrée dans ma vie pour me faire comprendre que je ne m’écoutais pas, que je ne prenais pas soin de moi, que je ne me respectais pas. Mon corps m’a dit çà suffit. C’était la seule manière pour mon âme de se faire comprendre. Je n’entendais pas ce que mes émotions me disaient puisque je les reniais. Ce refoulement a conduit à une scission de mon Être. Je ne savais plus qui j’étais, ce à quoi j’aspirais, ce qui me faisait vibrer. La candidose m’a ouvert la voie vers la recherche de mes besoins fondamentaux.

En fait, malgré le fait que vous refouliez vos émotions, elles sont toujours là tapies au fond de vous. « Tout ce qui ne s’exprime pas, s’imprime » Jacques Salomé.

Elles exercent une pression sur votre inconscient. Peu à peu, elles deviennent pathogènes, jusqu’à se transformer parfois en maladie. Les ressentir permet de se relier à ses besoins, ce qui est vital pour nous. Car un besoin non satisfait compromet l’équilibre, la croissance, voire la survie d’un individu.

Ainsi c’est votre corps, un accident, un évènement tragique dans votre existence, qui vous fait prendre conscience qu’un manque persiste et qu’il y a urgence à ce qu’il soit comblé.

Si vous êtes intéressé, vous pouvez aller consulter mon article sur Les Besoin Théorie, qui vous donnera de plus amples explications sur les différents type de besoin que nous cherchons à combler

EXERCICE SUR LES BESOINS

Je pars au fond de moi
  • Installes-toi confortablement dans le calme et fermes les yeux
  • Visualises la situation qui a provoqué de l’émotion en toi. Laisses remonter en toi les pensées, les sentiments éprouvés à ce moment-là. Nommes-les.

«  Quand il m’a dit …, j’ai éprouvé à cet instant là de la colère, de la frustration »

  • Concentres toi sur ta respiration. Inspires-Expires. Où est cette sensation ? Quelle est son intensité ? Quelle émotion est en toi ? Laisses-la t’envahir ? Rentres en elle complètement. Observes la prendre de plus en plus de place. Ne cherches pas à modifier quoique ce soit. Sois juste pleinement présent à ce qui est. Vis cette émotion complètement. Son intensité augmentera peut être, continues à respirer dans cette émotion.
  • Que cherche t elle à te dire ? Laisses la te parler
  • Quel besoin se cache derrière cette émotion ? Que te manque t il ?

Ce besoin doit pouvoir être comblé par toi-même et non dépendre des autres.

Ex : «  J’ai besoin que mon mari sois plus attentionné ». Quel est le réel besoin derrière cette demande ? Se poser la question. Pourquoi?

« J’ai besoin que mon mari soit attentionné car j’ai besoin d’écoute, de complicité, de tendresse»

  • Comment puis-je combler ce besoin ?

Peut-être puis je commencer par m’apporter cette attention dont j’ai besoin. Être plus à mon écoute. Prendre soin de moi. Je peux aller boire un verre avec une amie, m’offrir un massage…

Plus je me connecte à mes émotions et comprend les besoins qui sont tapis derrière, plus j’ai la sensation de découvrir qui je suis. C’est comme si j’apprenais à connaitre une nouvelle personne. Des qualités font surface, des défauts aussi d’ailleurs. Je m’aperçois que certaines croyances que j’avais sont au final complètement fausses. Rentrer en contact avec ses besoins, c’est donc prendre le temps de s’explorer pour être plus authentique.

Pour aller plus loin

Coaching de vie de Anne Laure Terrisse

Les mots sont des fenêtres ou bien sont des murs de Marshall Rosenberg


Add a Comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.