Mon enfant intérieur

« Nous devons écouter l’enfant que nous étions autrefois, l’enfant qui existe toujours à l’intérieur de nous. Cet enfant comprend les moments magiques. Nous pouvons étouffer ses cris, mais nous ne pouvons pas faire taire sa voix. » Paul Coehlo.

En sortant me promener ce matin, j’ai été émue par le chant des oiseaux, par la beauté de ce qui m’entourait, par le fait que les rayons du soleil réchauffaient ma peau. J’ai ressenti une vraie plénitude à ce moment- là. Je me revoyais enfant dans mon grand jardin couchée dans le pré derrière la maison, pleine de rêves. Je sens encore l’odeur et la caresse de l’herbe fraîche. J’étais si insouciante, vivant dans un monde utopique où tout était possible. Déjà proche de cette nature avec laquelle j’avais l’impression de communier, tout me fascinait, m’enthousiasmait.

Cette enfant je la regarde avec tendresse et ressens l’amour qui se dégage d’elle. Cet amour de la vie et de sa famille qui représentait son socle. Elle avait aussi cette joie en elle, cette envie de croire en ses rêves. Ils se construisaient dans ce jardin, sur sa balançoire qu’elle adorait. C’était son endroit. Là où elle se sentait tellement bien, là où elle avait le droit d’être qui elle voulait. C’était son espace. Dans sa maison, elle éprouvait un sentiment de malaise, une tension, une pesanteur. Comme si elle n’avait plus le droit de vivre cette enfance.

J’adorais ma famille, mais j’ai très vite pris conscience qu’il me fallait grandir assez vite. Après ma venue au monde, la maladie, par le biais de ma mère, s’est rapidement insinuée dans notre vie. Une angoisse, une tristesse planait. Malgré la nécessité pour la petite fille que j’étais, de se sentir en confiance et de faire confiance à la vie, cette atmosphère d’insécurité avait l’effet inverse.

L’éducation véhiculée par mes parents était faite de valeurs et de respect, cependant j’ai également évolué dans un climat de contrainte, de peur et de culpabilité. Tout était pesant pour cette enfant sensible.

Je voulais rire, jouer, imaginer des histoires, qu’on me prenne dans les bras, mais dans un environnement catholique très croyant, finalement tout autour de moi n’était que devoir, sacrifice.  Ils m’ont transmis l’importance de la générosité, du partage, qui encore aujourd’hui sont très importants pour moi. Pourtant enfant j’aurais eu besoin que l’on me fasse me sentir unique, me sentir une personne à part entière, importante. Au lieu de cela, étant la dernière de la famille, j’ai évolué avec les vêtements, les jouets, les vélos de mes frère et sœur. Un habit neuf était un cadeau dont on me rappelait le coût. Mon plus grand bonheur était de passer une après-midi seule avec ma mère. Avoir un temps rien que pour moi. Bien sûr, je n’étais pas malheureuse, j’ai toujours eu matériellement tout ce dont j’avais besoin pour bien grandir. Me manquait peut-être l’attention des êtres que j’aimais. Et je me rends compte, aujourd’hui que ce manque est toujours en moi.

Nous avons tous un Enfant Intérieur qui se rappelle à nous, qui a besoin d’être écouté, aimé et surtout reconnu. C’est souvent lui qui s’exprime à travers nos peurs, nos colères ou nos larmes. Les blessures de l’enfance sont celles que nous portons toute notre vie et qui construisent l’adulte que nous sommes. Affectivement, une partie de notre personnalité n’a pas pu grandir, est resté au stade d’enfant car elle ne s’est pas sentie acceptée et c’est elle qui nous parle quand nous souffrons.

Lise Bourbeau dans son livre « Les 5 blessures de l’âme » explique très bien les blessures dont chacun de nous peut souffrir et qui viennent de notre enfance ( 0- 6 ans ) :

  • Blessure de Rejet

Elle est liée au parent du même sexe. Cet enfant se sentira rejeté dès sa naissance ou parfois même déjà in-utero. Cela ne veut pas dire que cela ait véritablement été le cas, mais il ne s’est senti ni accepté, ni accueilli par son père ou sa mère. C’est son droit même d’Exister, à Être qui est ici remis en question. Il doute de la légitimité de sa présence sur terre. Il fera donc tout pour être discret, sera souvent un enfant effacé. Il s’estimera de peu de valeur, sera dans la dévalorisation, la comparaison, ne comprendra pas que l’on puisse l’aimer. Il cherchera par la perfection à se faire accepter.

  • Blessure d’Abandon

Elle est liée au parent du sexe opposé. C’est un enfant qui a manqué de nourriture affective, qui s’est senti délaissé par son parent pour quelqu’un ou quelque chose d’autre. Il a besoin de présence, d’attention. Il cherche à attirer le regard sur lui, se trouve dans une situation de dépendance vis-à-vis de l’autre. N’aime pas la solitude et se sentir soutenu est important pour lui.

  • Blessure d’Humiliation

Elle est liée au parent qui s’est occupé de son développement physique. Cet enfant s’est senti humilié, contrôlé par son parent et souffre d’un manque de liberté. Il s’agit souvent d’une personne qui se punit elle -même, qui a honte de ce qu’elle est. Il cherche à aider les autres afin de se créer des contraintes, a du mal à exprimer ses besoins. Être hypersensible, les critiques le touchent profondément et pourtant il a tendance lui-même à se rabaisser

  • Blessure de Trahison

Elle est liée au parent du sexe opposé. Il se sent trahi par son père ou sa mère quand celui-ci   ( celle-ci ) ne tient pas ses promesses ou trahit sa confiance. Se croit responsable et fort, cherche à contrôler. Il ne supporte pas la trahison. Cet individu a beaucoup d’attentes envers les autres. D’une forte personnalité, il aime convaincre les autres et montrer qu’il a toujours raison. Il est souvent intolérant. Bien que très sensible, il ne se montre pas vulnérable et a beaucoup de mal à se dévoiler.

  • La Blessure d’Injustice

Elle est liée au parent du même sexe. Il ne se sent pas apprécié à sa juste valeur, croit ne pas recevoir ce qu’il mérite.  Il a l’impression de ne pas pouvoir être lui-même. Il se coupe de ses ressentis. Cherche avant tout la perfection pour être apprécié, la justice. Il veut être digne de ce qu’on lui donne et a du mal d’ailleurs à recevoir. C’est une personne très exigeante avec elle-même et qui a des difficultés à se faire plaisir. N’aimant pas perdre le contrôle, il peut paraître froid en apparence.

Il est important de prendre conscience des blessures dont nous souffrons, de les accepter. Ecoutons également ce que ressent notre Enfant Intérieur, ce qu’il veut nous dire, laissons-le exprimer sa souffrance, ses besoins, retissons un lien avec lui. C’est par là que nous pourrons retrouver cette unité, cette plénitude que nous recherchons finalement. Nous pourrons retrouver qui nous sommes vraiment, cet Être que nous avons refoulé. Laissons sa lumière nous éclairer. C’est au moment où cet Enfant pourra à nouveau vivre pleinement à travers nous, dans la joie, la spontanéité et l’instant présent, que nous pourrons également être pleinement nous-même.

Je suis tombée sur cette chanson, qui parle de mes retrouvailles avec cet enfant. Pardonnes-moi de t’avoir si longtemps oublié…

« Bambina » de Lara Fabian

En savoir plus :

« Renouer avec son enfant intérieur » Margaret Paul

Add a Comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.