Pardonnes moi

Quand on parle de pardon, on a souvent tendance à le rattacher à d’autres personnes. Et si la plus grande difficulté était de se pardonner à soi-même ?

Je t’ai parlé précédemment des trahisons vécues, mais aussi de mon sentiment de culpabilité vis-à-vis des gens que j’aime et que je n’ai pas réussi à « soulager ».

Aujourd’hui ce sentiment revient me hanter et empli mon âme. J’éprouve le besoin profond de me pardonner de ne pas être la femme sans faille, surpuissante que longtemps je souhaitais être. Me pardonner de ne pas avoir rempli le rôle que je m’étais moi-même assigné.

J’ai cru toute ma vie que celui-ci était d’être présente pour les autres, les aider à vivre, les soulager de leurs peines, être à leur écoute, les accompagner à retrouver le bonheur. En constatant mon échec, j’estimais ne pas avoir été à la hauteur, ne pas avoir effectuer « le travail » qui m’avait été attribué.

Je me rends compte pourtant que tout cela n’est qu’une croyance de ma part. Une façon peut être pour moi de m’autoriser à vivre. Nul n’est ici sur cette terre pour combler le vide de l’autre. Nul n’est responsable du bien-être d’une tierce personne.

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Malgré cela, au fond de moi, persiste dans mes cellules cette culpabilité.

Le mot PARDON résonne en moi si fort dernièrement. Mon cœur saigne, ma gorge se noue et la tristesse remonte. C’est comme si je m’autorisais peut être à présent à me délester de ce sentiment. Comme un nettoyage profond en somme. Alors je laisse cette émotion m’envahir et les larmes venir. Elles coulent doucement, tendrement le long de mes joues. Apportant une forme de réconfort, de consolation et de compassion à cette petite fille en moi qui aurait tant voulu pouvoir « apaiser » les souffrances de sa famille. Là encore en t’écrivant les pleurs se perdent au fond de ma poitrine et je sens cette énergie sombre se dissoudre en moi.

C’est cet enfant intérieur qui est en détresse, qui a besoin qu’on lui pardonne. Il a besoin de m’entendre dire que toute cette peine ne lui appartient pas et que ce n’était pas à lui de la prendre en charge. Alors tous les jours, je me demande pardon par la méthode du Ho’oponopono :

« Je suis désolée – Pardonnes moi – Je t’aime – Merci »

Dire ces mots m’apaisent, même s’ils sont encore difficiles pour moi à prononcer. Une douleur se distille dans mon corps et l’émotion est là, si puissante qu’elle ne peut être qu’authentique. Alors je sais que cette fillette souffre encore, cette enfant orpheline qui aurait voulu que ses parents soient encore là aujourd’hui près d’elle.

Elle s’en veut, mais leur en veut aussi de s’être abandonner, soit en laissant la maladie la dévaster, soit en se laissant mourir petit à petit. Elle me demande aujourd’hui, de, elle, ne pas l’abandonner. De me donner la possibilité et l’autorisation de vivre une vie épanouie et heureuse.

Je continue donc de prendre soin d’elle en l’écoutant, en libérant mes ombres, mes souffrances d’enfant.

Je comprends qu’en ayant toujours voulu aider l’autre, en me sacrifiant pour lui, en niant mes besoins, c’était une manière pour moi de faire amende honorable, de me racheter de mon échec. Je pensais que tout faire pour être une « bonne personne » me permettrait d’être pardonnée et de me pardonner. Mais rien n’était jamais assez bien, assez grand, assez généreux. Le sacrifice n’était jamais à la hauteur de mon « crime ».

Devenir coach me permet de répondre à cette envie inhérente à mon être d’accompagner mon prochain vers le bien-être, mais surtout je lui redonne sa responsabilité, son autonomie. Je ne me donne ni le pouvoir, ni la surpuissance de penser que Moi je pourrais le « sauver ».

Je comprends pourquoi je suis allée vers ce métier et non vers celui de thérapeute. Je suis présente à côté de mes clients pour les amener à regarder vers le futur, pour prendre conscience de leur potentiel, de leur beauté, de la force qu’ils ont en eux. Ils trouveront eux-mêmes les moyens de leur bonheur en étant à leur écoute. Je suis là pour permettre cette ouverture de se produire, pour les questionner, mais là s’arrête ma responsabilité.

C’est ce qui aurait été juste pour mes parents et pour moi. Qu’ils puissent s’aimer assez pour prendre soin d’eux et éclairer leur chemin.

J’accepte de suivre cette voie depuis quelques années et avance pas à pas.

Le pas d’aujourd’hui est le Pardon.

En trouvant ce pardon en moi j’accèderai également à une meilleure écoute de l’autre et à un meilleur accueil de ce qui est. Laisser Être est pour moi le plus grand cadeau que je puisse faire à mon client et à moi-même.

Le Pardon c’est admettre son imperfection, ses erreurs, ses échecs, ses failles. Accepter son humanité et son impuissance parfois. C’est regarder son vécu avec tendresse et s’apporter de la compassion. Faire preuve de bienveillance à son égard pour grandir et couper les liens négatifs qui nous relient au passé. C’est en nous pardonnant que nous nous autoriserons enfin à aller de l’avant. Rester dans la rancœur, les regrets et la culpabilisation nous freine et nous entraine à des processus d’auto-sabotage.

Nous sommes durs avec nous-mêmes, nous infligeons les pires remontrances, brimades mentales pour expier nos fautes. Nous sommes nos propres juges et refusons souvent d’écouter l’avocat de la défense. Nous nous condamnons sans procès.

Regardons-nous à travers les yeux de notre meilleur ami. Que nous dirait-il ? Serait-il aussi intransigeant, aussi critique ?

Exercice

Ecris une lettre à ton meilleur ami. Dis-lui toutes les raisons qui t’empêchent de te pardonner. Que te reproches tu ? De quoi te sens tu coupable ? Quels sont tes regrets ? Qu’aurais tu souhaiter faire autrement ? Confies-toi. Ecris tout ce que tu as sur le cœur, sans filtre, sans faire attention au style. Tu es ce meilleur ami.

Mets cette lettre dans une enveloppe où tu écriras « à mon meilleur ami ».

Tu lui répondras comme ton meilleur ami. Que lui dirais-tu face à ces confidences ?

Puis tu fermeras la lettre. Tu brûleras les deux lettres et prononcera les mots suivants «  Je me pardonne et je me libère de ma culpabilité »

Pour en savoir plus

« Les clefs du passe » Noémie de Saint-Sernin

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