Que d’attentes…

Attendre… Attendre…

J’ai l’impression d’avoir passé ma vie à attendre que quelque chose se passe, à attendre une rencontre, attendre une opportunité de changer le cours de mon existence. Croire que l’avenir m’apportera plus de bonheur, me dire qu’il sera plus radieux.

Attendre l’éclaircie, que les nuages passent, en espérant le retour du soleil. Mais finalement quand il est là, je n’en profite même pas… Je ne vois pas ce beau moment partagé, cette chance, ce cadeau que l’on m’a offert. Je ne vois que ce qui me manque, ce qui ferait que je pourrais affirmer que la perfection est là. Arriver à accueillir la joie du moment, remercier pour ce qui est là aujourd’hui.

Je souffre de cette incapacité parfois à être en gratitude pour tous les présents que la vie m’offre chaque jour. Je lui en veux de tout ce qu’elle ne m’a pas donné, tout ce qu’elle m’a enlevé, des frustrations que je ressens, des larmes qu’elle me fait couler.

Mais je ne prends pas toujours conscience de toutes les offrandes dont elle m’a gratifié : le soutien de ma famille, généreuse, respectueuse et portant de belles valeurs humaines, la présence de mes amis et leur chaleur, les belles rencontres que j’ai faites, le bonheur de pouvoir voyager, la facilité que j’ai eu à changer de métier quand je le souhaitais, la découverte de magnifiques paysages, la suffisance financière me permettant de réaliser mes projets, les instants d’échanges et de rires…

Malgré tout çà, je me retourne sur mes manques, sur ce qui me fait souffrir. Et j’attends… J’attends que la vie m’amène ce à quoi j’ai toujours aspiré et à la recherche de quoi j’ai couru finalement pendant tout ce temps : l’Amour. L’Amour de l’autre. Ressentir en lui cette émotion, la voir dans son regard, l’éprouver à travers ses gestes, ses paroles.

Alors oui j’attendais que l’Autre me donne ce que moi, j’étais incapable de me donner. Je voulais lui voler sa tendresse, son énergie, l’amour qu’il avait en lui pour combler mes manques. C’est comme si je le désignais comme mon sauveur, que j’espérais qu’il me remplisse.

J’agissais de manière inconsciente, car pendant longtemps j’étais dans un discours complètement à l’inverse de ce processus. Par mes exigences vis-à-vis de l’autre, je mettais sans doute une pression sur lui, qui n’avais qu’une conséquence : l’envie de fuir, de ne pas s’engager de peur de se perdre avec moi. J’en demandais trop, en voulais trop, en attendais trop, pensait qu’il pouvait panser mes plaies. L’autre devait répondre à mes besoins, à mes demandes. Etais je prête, moi, de mon côté à comprendre les siens ?

Je vibrais cette dépendance affective. J’avais un fort désir d’investissement, de tendresse, de douceur, d’absolu, mais cette attente engendrait en face de moi la crainte, l’appréhension que je prenne emprise sur lui, que je lui dérobe sa force, sa volonté, sa liberté. Comme moi certainement, il avait peur d’oublier qui il était.

J’étais dans l’expectative d’une contrepartie, recevoir autant que j’offrais. Mais étais-je vraiment prête à accepter ce que l’on souhaitait me délivrer ?

Au début, j’en oubliais même d’être moi-même. Je me conformais aux attentes de mon partenaire. A l’écoute de l’autre, je n’étais pas à ma propre écoute. N’exprimant pas mes besoins, de peur qu’ils soient à l’encontre de ceux de mon « amoureux » et qu’il me quitte. J’étais celle qu’il souhaitait que je sois et finalement ma frustration grandissait. Je lui reprochais ce que je m’étais imposée.

Avec le recul, je me demande pourquoi je me suis mise en couple avec des hommes qui parfois me correspondaient si peu. Finalement ce n’était pas forcément leur personnalité qui me subjuguait mais ce que je pensais qu’ils pourraient m’apporter, ma projection sur eux. C’était le plaisir qu’un homme intelligent, charismatique me choisisse, le bonheur de plaire, de percevoir de l’affection, de remplir ce vide en moi.

J’attendais une vie similaire à celle que je m’étais imaginée, ne supportant pas quand elle n’y correspondait pas. Cet attachement a un résultat m’a souvent desservi, car si les choses ne se déroulaient pas de la façon dont je l’avais rêvé et au moment où je le désirais, le doute, la peur, l’insatisfaction prenaient le dessus sur tous autres sentiments. Je rentrais alors dans un état d’esprit négatif dont je n’arrivais pas à sortir.

« L’attente limite notre perception des choses »

Ce sont à travers ces contes chimériques que l’on grandit

Symptômes de la dépendance affective :

  • peur de l’abandon
  • jalousie excessive,
  • insatisfaction chronique
  • incapacité à prendre des décisions seul
  • manque d’estime de soi, pense ne pas mériter l’amour
  • peur de la solitude
  • crainte de désaccords avec son interlocuteur ( peur des conflits)
  • se sentir obligé de satisfaire les besoins d’autrui
  • besoin viscéral de plaire, d’être reconnu, valorisé
  • difficulté à exprimer ses besoins
  • difficulté à recevoir
  • avoir sans cesse besoin d’être rassuré

Hélène Roubeix, psychothérapeute explique que « la dépendance amoureuse est basée sur l’utilisation inconsciente de l’autre comme d’un objet pour combler ses propres manques et répondre à ses propres attentes »

Nous sommes soit en état de :

1- Soumission :

  • Vous n’osez pas vous opposer à l’autre, dire non
  • Vous n’exprimer pas vos besoins, vos envies
  • Vous vous laissez malmener, manipuler, rabaisser
  • Vous êtes dans l’angoisse qu’il vous abandonne
  • Vous ne savez pas poser de limites

2- Domination

  • Vous cherchez à contrôler l’autre
  • Jalousie excessive
  • Vous souhaitez qu’il vive à travers nous
  • Vous l’étouffez de cadeaux, d’attentions
  • Tendance à vouloir isoler l’autre

Finalement, le dépendant affectif rentre dans un jeu de Victime-Sauveur-Persécuteur

Comment vivre avec cette dépendance affective et la soigner :

  • Reconnais cette dépendance et acceptes qu’elle soit présente en toi
  • Acceptes ta responsabilité dans cette dépendance. Ton passé douloureux a été le déclencheur mais tu peux choisir aujourd’hui de sortir de ce schéma
  • Comprends quels besoins tu cherches à nourrir
  • Travailles sur l’amour et l’estime de toi ( article  » Apprendre à s’aimer » 13/05 )
  • Apprivoises la solitude, travailles sur ton autonomie. Fais des activités seul
  • Exprimer tes besoins
  • Sois accompagné par un psychologue, un hypnothérapeute ou un coach si tu en ressens la nécessité

Il est difficile pour moi de transcrire ces mots. Mais comme d’autres sont dépendants de substances diverses, je suis moi aussi addict…dépendante de l’amour de l’autre. En rémission, en travail, je tente depuis plusieurs mois de me soigner. Je ne comprends pourtant qu’aujourd’hui la puissance de cette addiction. L’apprentissage de l’amour de moi-même, les défis que je me lance, m’aident à m’extirper de cet attachement au regard de l’autre. Le chemin est long, tortueux, mais cette prise de conscience et mon aveu ici me font croire à une guérison possible.

Chanson certes « vintage » mais dont les paroles me touchent aujourd’hui

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