Quelle relation à l’autre?

« Quand on rencontre quelqu’un, c’est signe que l’on devait croiser son chemin, c’est signe que l’on va recevoir de lui quelque chose qui nous manquait. Il ne faut pas ignorer ces rencontres. Dans chacune d’elles est contenue la promesse de la découverte » Aharon Appelfeld

Mon grand challenge a été de tous temps mes rapports avec l’humain. Et cet aspect revient en cet instant. Je me retrouve dans cette ambivalence de recherche de liens et de besoin de solitude. J’ai ce besoin de l’autre et en même temps je le crains. J’éprouve comme un aveu de faiblesse de prononcer ces mots. J’ai toujours cru que l’autre n’était pas forcément nécessaire à ma vie, que j’étais bien, seule avec moi-même. Je pense m’être longtemps mentie. Ce contact, cette relation à l’autre en toute authenticité m’apparait plus nécessaire à mon équilibre aujourd’hui. Ne pas trouver cette acceptation, cet accueil, cette écoute et ce sentiment d’être important pour lui, m’est difficile. Je pense que cela a été le cas en tout temps, même si ce désir a longtemps été enfoui au fond de moi. Je n’avais pas besoin de l’autre, ainsi s’il n’était pas présent je n’en souffrais pas. Je me mentais à moi-même et m’empêchais ainsi de grandir.

La vie « d’hermite » m’apparait de plus en plus comme une fuite. Fuir le contact de peur de se sentir rejetée si l’autre n’éprouve pas, lui, l’envie de nous rencontrer. Peur de l’attachement, de sentiments trop forts, d’une dépendance, de me perdre…Je pense que cette peur m’amenait à me conformer à ce que je pensais que les autres attendaient de moi. Je souhaitais appartenir à un groupe quitte à m’adapter et à être quelqu’un qui ne me correspondait pas.

Nous cherchons dans l’autre ce qui nous manque. Sa présence comble notre vide intérieur. Moi, je ne voulais pas qu’il en soit ainsi. J’ai toujours voulu me montrer libre, loin de cette dépendante à l’autre. Il me fallait pouvoir survivre sans ami, sans lien de proximité, car en cas de perte ou d’éloignement la douleur serait plus supportable. Ne pas trop m’attacher, ne pas trop me dévoiler, laisser une distance entre moi et l’autre loin de toute intimité.

Et pourtant j’enviais les gens autour de moi qui arrivaient facilement à créer des liens avec les personnes qu’elles côtoyaient. Et je dois dire que les hommes et les femmes qui m’agaçaient le plus étaient ceux qui justement parlaient facilement de leur intimité, de leurs ressentis, nouaient des connaissances en toute confiance. En fait, ils représentaient exactement ce que moi je souhaitais être et que je ne me laissais pas vivre. Ils étaient authentiques, ouvraient facilement leur cœur sans crainte qu’il ne soit broyé. Ils se remettaient facilement d’une rupture sentimentale ou amicale alors que pour moi c’était comme si l’on m’avait privé d’une partie de moi, comme si on m’enlevait encore un peu plus d’amour dont je manquais déjà.

« Tout ce qui vous irrite chez l’autre, peut vous aidez à mieux vous comprendre » C. G Jung 

J’ai compris aujourd’hui que finalement en m’interdisant de m’ouvrir pleinement à l’autre, je m’empêchais également de vivre pleinement. C’est cette ouverture du coeur qui permet de créer des relations profondes et vraies, sans cela elles restent superficielles. Aimer l’autre c’est se faire confiance et lui faire confiance. C’est pouvoir montrer sa vulnérabilité sans crainte. C’est se montrer telle que l’on est. C’est comprendre qu’en fait ce ne sont pas les dires ou le comportement de l’autre qui nous font souffrir, mais la manière dont nous les percevons, les blessures qu’elles touchent. Les personnes les plus proches de nous, sont souvent celles par lesquelles nous pouvons le plus apprendre sur nous-mêmes. En effet, elles seront souvent le déclencheur de la réouverture de plaies non encore cicatrisées. Ces personnes face à nous ne répondrons pas à nos attentes, ne serons pas disponible pour nous, ne seront pas telles que nous aurions souhaités quelles soient. Nous serons déçus, frustrés, en colère. Nous nous sentirons rejetés, abandonnés.

Je trouve intéressant la démarche de Byron Katie, dont vous trouverez le lien su site internet ci dessous ainsi qu’une fiche de travail.

« Le Travail de Byron Katie est une démarche simple et puissante de questionnement personnel qui vous permet d’identifier et de remettre en question les pensées qui sont responsables de la souffrance en vous et dans le monde. C’est une démarche de clarification de toute situation qui pose problème dans votre vie. »

http://letravail.org/le-travail/decouvrir-le-travail/

Mais l’autre est il vraiment responsable des émotions ressenties ? Souvent, nous reproduisons nos schémas familiaux. Avoir été aimé de façon possessive enfant et vous rechercherez la liberté de peur d’être à nouveau étouffé. Au contraire, mal aimé enfant, vous engager dans une relation sera compliqué de crainte d’être abandonné. Vous irez parfois même jusqu’à saboter votre histoire. En fait tant que nous n’aurons pas pris soin de nos blessures, que nous ne nous aimerons pas suffisamment, l’amour de l’autre ne sera jamais suffisant. C’est comme essayé de remplir d’eau une passoire. Personne d’autre que vous ne peut combler votre vide intérieur.

En effet ce qui se passe à l’extérieur dans nos relations est exactement le reflet de ce qui se passe à l’intérieur de nous. En cela, elles sont un axe d’évolution extraordinaire, mais éprouvant aussi.

Nous cherchons souvent dans le regard de l’autre l’amour que l’on n’a pas en soi. Mais comment demander à une tierce personne de nous donner ce que nous-mêmes nous ne sommes pas en mesure de nous offrir ? Comment aimer pleinement un autre individu si nous n’avons pas ce sentiment en nous.

Nous ne pensons pas mériter cet amour, nous ne croyons pas en être digne et sommes incapable de le recevoir. Et en même temps, nous reprochons à l’autre de ne pas assez nous le montrer. Nous attendons que l’autre nous « nourrisse » de cet amour, quitte à devoir changer, à accepter des choses qui ne nous conviennent pas.

Il est donc important de comprendre quelles sont les blessures touchées par tel propos, telle attitude de l’autre. A quelle croyance cela fait il appel ?

Il est également important de se rencontrer soi-même, de retrouver son autonomie, mais aussi de  prendre conscience de ce qui nous manque et que nous recherchons en l’autre.

« Qu’est ce qui me manque en moi ( joie, créativité, bienveillance, … )? A quel moment çà a commencé à me manquer ? Est-ce que cela manquait déjà dans ma famille ? » Isabelle Padovani

« En améliorant la vision que vous avez de l’amour, vous attirez les relations que vous souhaitez

Plus vous vous écoutez, plus les autres seront dans cette même écoute.

Plus vous êtes aligné, plus vous êtes sûr de vous, plus vous allez vivre l’abondance en vous. Vous n’aurez plus cette sensation de manque. Vous vous sentirez pleinement présent, à la bonne place. Et par là même les autres vous donnerons cette place. » Armelle Six

J’ai cru longtemps qu’aimer c’était souffrir, perdre l’autre, être trahie. Finalement c’est exactement ce qui c’est toujours produit. Et cela uniquement parce que dès le départ l’histoire était faussée. Hommes sortant de ruptures, d’unions douloureuses, de trahison et donc difficilement prêt à vivre un nouvel amour. J’étais la femme qui pansait les plaies, une transition…

Aujourd’hui, même si je sens que des blessures subsistent, je comprends que pour pouvoir vivre des relations saines, j’ai besoin de m’apporter également cet amour, cette tendresse, cette compassion. Ce sont ces attentes, qui finalement me font le plus mal. J’ai encore parfois ce sentiment, si l’autre m’ignore, de ne pas exister. Je comprends cependant que l’autre n’est pas fautif, que c’est à moi d’accepter mon humanité. Mais la blessure est certainement encore présente pour l’instant…

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