Quelle est ma place?

Je viens de reposer le livre « les Sagesses d’ailleurs » évoquant les traditions de peuples racines ( Massai, Kogis, Navajos,… ). J’en ressors bouleversée et pleine d’interrogations sur le monde dans lequel je vis.

Leur philosophie de vie est basée principalement sur le principe de la relation à la Terre et le fait qu’ils font partie d’un tout, ni plus ni moins important que les autres parties qui le composent.

Nous avons tous une place en ce monde, une destinée à découvrir. C’est quand nous aurons trouvé celle qui nous correspond que nous pourrons enfin atteindre la sérénité. Car la découvrir c’est également nous permettre d’être tel que nous sommes réellement et nous sentir acceptés en tant qu’individu unique. Nous nous donnons le droit d’exister tout simplement avec nos valeurs propres, en accord avec notre Être profond.

Mais pour cela, il est important de se reconnecter avec notre intériorité, de comprendre quels sont nos besoins, nos aspirations, nos talents, ce qui nous apporte de la joie. En nous coupant de notre Être, nous cherchons à l’extérieur une manière de combler ce vide que nous ressentons.

Nous sommes souvent en souffrance parce que justement nous ne sommes pas à notre juste place. Nous prenons conscience que l’existence que nous menons n’est pas en adéquation avec notre volonté profonde et ressentons comme un décalage. En essayant de nous conformer aux demandes de l’extérieur alors qu’elles ne correspondent pas à ce que nous sommes intérieurement, un conflit se crée.

Chacun de nous a une place différente à tenir, personnelle. Vouloir tenir un rôle qui n’est pas le nôtre nous met en opposition avec les autres car souvent nous leur reprochons justement ce mal-être. Nous portons en nous cette sensation de sacrifice.

Accepter d’être différent de l’autre, que cette différence est une richesse car elle permet une ouverture plus grande au monde. C’est en étant tous nous-même tel que nous sommes que nous nous apporterons davantage. Nous en sortirons, non seulement enrichis, mais également plus en harmonie. 

C’est une relation apaisée avec nous-même qui nous permettra de créer une meilleure relation avec autrui, de nous ouvrir à lui en toute confiance. En effet, nous sommes des animaux sociaux. Nous avons besoin d’union non seulement à la terre, et à notre environnement, mais également avec d’autres individus.

A l’heure actuelle, notre société souffre de ce manque de liens authentiques avec les gens qui nous entourent. Nous sommes devenus individualistes, tournés vers nous-mêmes et nos propres préoccupations. Mais ce défaut de connexion avec d’autres êtres nous fait souffrir, car malgré la souffrance engendrée parfois, nous avons besoin de nous sentir reliés aux autres. Nous sommes des êtres de partage, d’échange, sommes dans le donner et le recevoir. Cela fait partie de notre ADN, car pour survivre l’homme a toujours vécu en tribu.

C’est souvent la peur qui nous éloigne. Peur d’être jugé, spolié, trahi, crainte de perdre une partie de nous et de ce que nous possédons. Cette peur nous enferme. Nous préférons par confort rester dans nos croyances, dans notre bulle.

Je me rends compte que j’ai moi-même souffert pendant des années de ce manque de lien. Dans mon enfance, j’ai toujours vécu dans un sentiment de solitude. J’avais un frère et une sœur mais nous ne jouions que très rarement ensemble. Je ne me sentais pas lié à eux. Comme si l’on m’avait parachuté dans une famille dont je ne connaissais pas les membres. Nous n’avions aucune proximité, ni avec mon père, ma mère, ni dans notre fratrie. Nous vivions à côté les uns des autres mais sans vraiment faire attention à la personne face à nous. Je ne m’y suis jamais vraiment sentie à ma place, différente. Je vivais dans mon propre monde, déconnectée de mon environnement proche. Même plus tard avec mes camarades d’école ou même mes amis, je n’arrivais pas vraiment à créer une véritable connexion, sans doute parce que je ne savais pas vraiment qui j’étais. Je n’avais pas le mode d’emploi, pas les codes. Je ne savais pas comment je devais me comporter, ce que je devais dire, faire, face à des inconnus. Tout çà me paraissait tellement compliqué et me faisais peur.

Nous vivions un peu en vase clos avec ma famille. Mes parents n’avaient pas d’amis, de collègues de travail que nous serions allés voir. Ils nous avaient également éduqués dans la méfiance vis-à-vis de l’extérieur.

A présent, je ressens ce besoin de l’autre, de découvrir qui il est. Il m’arrive parfois encore d’être effrayé par lui, de son jugement surtout. Mais petit à petit, je suis entrée de plus en plus en contact avec lui, me dévoilant davantage.

J’ai également la sensation que plus je suis présente à moi-même, à mon environnement, plus une fluidité se fait sentir dans mon approche à l’autre. Comme s’il me fallait passer par une connaissance de qui j’étais, que je parte à la découverte du monde avec mes 5 sens. Finalement que je revienne à ma naissance pour réapprendre ce que je ne connaissais pas. Je me laisse éblouir par des paysages, mon ouïe est plus affinée et perçois mieux les bruits autour de moi. J’écoute mon corps, ses douleurs. Essaie de comprendre ce qu’il a à me dire. Mes émotions sont une manière pour moi de mieux me connaître aussi. En allant dans mon intériorité, j’ai par là même amélioré ma relation aux autres.

Ce que j’ai trouvé intéressant dans la culture des peuples premiers, c’est que justement ils accompagnent leurs enfants dans la connaissance d’eux-mêmes. Dans notre société occidentale, de nombreux parents éduquent leurs enfants à rentrer dans un cadre préformaté, conforme aux exigences de la société. Ils sont conditionnés à être de futurs consommateurs et grandissent dans la notion de productivité, de compétitivité et de comparaison à l’autre. Nous ne lui demandons par d’être lui, mais d’être la meilleure version de ce que nous, nous aurions souhaité être. De là naissent de nombreuses souffrances. Comment être heureux si nous ne comprenons pas le sens de notre vie ?

Le yoga et surtout le contact à la nature m’aident beaucoup à me recentrer, à vivre plus dans le moment en connexion à mon corps. Se prendre juste le temps de se relier à son environnement, prendre conscience de la beauté des choses et remercier simplement pour cet instant-là.

Livre :

« La Sagesse d’ailleurs pour vivre aujourd’hui » de Frederika Van Ingen

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