Savoir l’apprivoiser

Elle s’insinue en moi, m’accompagne chaque jour. Je pourrais dire que c’est ma meilleure amie ou plutôt ma meilleure ennemie.

Ma mère me l’a enseigné, puis au fur et à mesure que les années ont passé, je l’ai laissé gagner du terrain, jusqu’à finir par me paralyser complètement. Elle me soufflait à l’oreille « Attention ».

Je croyais parfois être plus forte qu’elle car bien sûr il y a eu quelques victoires quand même : mon départ vers Londres, puis pour le Canada, mes voyages, les prises de décision dans le cadre professionnel,… Mais elle était toujours là, bien présente, en arrière-plan de tous mes actes, toutes mes pensées. Je l’ai longtemps ignoré, renié son existence. La force devait l’emporter.

Pourtant avec le recul aujourd’hui, je prends conscience que depuis mon retour du Canada, je suis restée dans une certaine zone de confort. Je me suis assoupie dans une vie certes confortable, paisible en apparence ou tout était plus ou moins simple. Pas d’attachement, un lieu agréable qui m’appartenait, que je pouvais modeler à mon image, des amitiés de longue date, une famille bienveillante, peu d’interactions nouvelles. En somme, une existence « ronronnante ».

Seuls mes escapades à travers le monde m’apportaient mon lot d’adrénaline, comblaient ma soif de découverte. Le reste de mon temps était finalement régi par… Elle.

Mais qui est-elle ? Elle est possessive, égoïste, pessimiste, misanthrope aussi, mais surtout, et c’est pour çà que finalement elle sait se rendre indispensable, elle me protège, me sauve de l’insécurité et du danger. Aujourd’hui en regardant en arrière, je crois qu’elle m’a avant tout éloigné de l’autre, m’a empêché de me dépasser, de voir plus grand et plus beau. Je ne voyais que ce que je risquais de perdre et non tout ce que je pouvais gagner.

Mais quel bénéfice avais-je à la laisser m’entraver ainsi ? Celui de ne rien changer, celui de rester victime et donc non-responsable de ma vie. Elle me guidait vers la lente extinction de mon feu intérieur. Je vivais mais parfois c’est comme si je me sentais déjà morte.

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Cette amie dont je te parle est la PEUR.

Cette peur qui me submerge à chaque nouvelle rencontre, à chaque fois que je dois m’exprimer ou que je vais vers l’inconnu. Cette crainte de l’intimité, de me dévoiler, de faire confiance et d’être peut-être trahie. Cette angoisse face à des situations que je ne maitrise pas, que je ne peux contrôler. L’amour, les sentiments en font partis… La peur d’un avenir que je rêve plus en adéquation avec mes envies, mais qui me semble si incertain, si utopique.

Elle est donc là, au fond de moi, dans mon ventre qui se noue parfois. Alors oui, elle m’a figé autrefois, me bloquant dans une existence terne, sans émotion, dans laquelle je ne me retrouve plus aujourd’hui. Mais peut-être n’étais-je simplement pas prête à m’ouvrir davantage au monde. Ne comprenant pas qui j’étais, quelles étaient mes blessures et mes forces comment faire face aux affres extérieures ? Je n’avais pas perçu que ma sensibilité, cette passion à l’intérieur de moi pouvait me donner l’énergie nécessaire pour avancer.

Je la remercie donc d’être là pour prendre soin de moi tout en souhaitant qu’elle prenne moins de place. A présent, j’ai besoin qu’elle me laisse vivre, faire des expériences, nouer des liens plus profonds quitte peut être à me tromper. Qu’est-ce qu’une vie sans échec ? Une vie où l’on n’a tout simplement pas vécu.

J’ai toujours cette petite voix dans ma tête qui m’empêche d’agir, qui me conduit à la procrastination, qui trouve des excuses, mais petit à petit je me lance des mini-challenge, comme ce blog d’ailleurs, pour espérer le plus souvent possible laisser la flamme qui brûle en moi continuer à m’éclairer.

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La peur qui peut prendre le visage soit de l’inquiétude, l’anxiété, l’angoisse ou bien se transformer en crise de panique, en phobie et à ce moment-là nous pétrifie. Elle nous donnera parfois des ailes et ainsi l’envie de nous surpasser, soit au contraire nous tétanisera et donc nous empêchera d’agir.

Dans ce cas là, notre esprit est plongé dans un profond brouillard à travers lequel toute réflexion objective est impossible. Notre imagination invente des scénarios catastrophes, construit un avenir sombre, définie une réalité faite de dangers hypothétiques.

Notre objectif est de nourrir notre besoin de sécurité. Tout ce qui nous éloigne de cette nécessité nous effraie. Notre socle, la confiance que nous avons en nos capacités, notre force intérieure sont trop fragiles. Nous doutons de nous-mêmes et des autres. Nous avons peur de ne pas exister, de perdre notre identité, nos acquis, d’être « enfermé ». Peur de l’inconnu, de n’être pas capable d’affronter des situations nouvelles, peur de ne pas être à la hauteur face à la vie.

Mais il y a également cette angoisse d’être ignoré, rejeté, non reconnu, ce qui veut dire non aimé. Car perdre l’amour est finalement notre plus grande crainte. Voir l’autre s’éloigner de nous, ne plus compter à ses yeux et donc ne plus « Être ».

Parfois, nous arrivons à considérer que notre existence n’est véritable que si elle est confortée par l’attention de l’autre. Être dépouillé de cette reconnaissance, c’est en quelque sorte disparaitre. Cette peur est présente en nous, latente.

Cette insécurité vient souvent d’un manque de fiabilité vis-à-vis de son entourage étant enfant. Son père ou sa mère sont apparus comme défaillants. Il s’est senti responsable de leur bien-être, dans l’obligation de leur apporter son soutien. Dans le cas inverse, il s’est rendu compte qu’il ne pouvait compter sur eux, soit parce qu’ils n’étaient pas présents, soit parce que leurs réactions à son encontre étaient hostiles. Il a grandi dans l’instabilité et se trouve encore adulte dans cette fragilité intérieure.

Les peurs non dominées mènent à une perte de confiance en soi et une baisse de l’estime de soi, ce qui entraine une modification de la représentation du monde de l’individu. Ainsi chaque petit défi est une manière de les surmonter et donc de se renforcer. La fuite au contraire nous confirme dans nos croyances, dans notre impression de fragilité.

Exercice Peur du changement

Pendant 1 mois, fais tous les jours quelque chose de nouveau

Changes de trajet – Portes un nouveau vêtement – Visites un nouvel endroit – Gôutes un plat nouveau – Parles avec quelqu’un que tu ne connais pas….

Peu importe mais fais quelque chose de différent

Exercice

– Acceptes ta peur quand elle se présente en toi

– Apprends des exercices de relaxation, de respiration. Ainsi quand elle se présentera tu sauras atténuer son effet sur toi

– Obtiens des informations concernant le sujet de ta peur ( araignée, avion, ascenseur,… ) pour comprendre quel est le danger réel ou non.

– Apprends à savoir réagir en cas de danger ( tremblements de terre ). Quels sont les gestes à accomplir?

– Confrontes toi à ta peur : de façon progressive, par petit pas, de façon prolongée ( restes assez longtemps dans la situation pour que l’anxiété diminue de moitié), de manière régulière car se confronter une seule fois à ce qui nous effraie ne suffira pas à reprogrammer notre mental

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