Suis je vraiment coupable?

« Ne te sens jamais coupable de faire ce qui est bon pour toi »

Je ressens ce soir cette culpabilité envers les hommes que j’ai aimé mais dont je n’ai pas su être la femme et que j’ai fait souffrir sans doute. Je n’ai pas su être la femme que j’aurais voulu être pour eux, pour les rendre heureux. J’ai laissé mes blessures prendre le dessus, la peur gagner parfois. Je n’ai pas su me battre pour des histoires que finalement je me voyais seule à défendre. J’aurais voulu y croire davantage. Je me rends compte que ma liberté et la reconnaissance de mon être était plus importante pour moi que l’amour que je leur portais. J’ai été dans l’incapacité de renier mes envies, mes besoins.

Pourquoi me sentir coupable de vouloir exister, être libre et être aimé à ma juste valeur ? Pourquoi me sentir coupable d’avoir trop aimé ces hommes et d’avoir attendu qu’il m’aime également en retour de la même manière ? Pourquoi cette culpabilité d’avoir été trop exigeante peut être ? Mais est ce vraiment être exigeante que d’attendre de l’attention, de la considération, de la tendresse, des gestes et des mots d’amour de la personne qui occupe vos pensées ?

Je ressens cette culpabilité dans mes tripes, dans mon ventre, dans mon cœur et pourtant ma tête me défend et me souffle que je ne suis coupable de rien et surtout pas de me considérer suffisamment pour refuser un amour trop timide, trop fermé, trop pleins de non-dits.

Mon cœur a envie et me réclame de la douceur, de la complicité, de la joie et une connexion d’âme à âme. Alors oui je suis peut être coupable de croire que le véritable amour vaut mieux que la tiédeur, que quelques heures passées ensemble sans vraiment se parler et sans se regarder.

Cette culpabilité je la porte en moi comme un fardeau car elle était déjà présente dans mes relations familiales. Culpabilité de la maladie de ma mère, de ne pas avoir su lui parler et n’avoir pas pu la soulager de ses souffrances. Culpabilité de mon impuissance face au lent cheminement de mon père vers la mort. Culpabilité de ne pas réussir à sortir mon frère des tourments qui l’envahissent depuis des années. Culpabilité certainement des actes de mes ancêtres. Et surtout culpabilité d’être ici, sur cette terre alors que je n’y avais pas vraiment été attendu.

Alors oui, je te l’avoue aujourd’hui je suis coupable de tout çà. Coupable en fait de ne pas réussir à rendre les gens heureux malgré eux. Coupable de ne pas avoir eu de baguette magique pour leur enlever leurs blessures. Coupable de ne pas avoir le don de guérir les âmes, de sécher les larmes, de panser les plaies. Je voudrais être cette femme-là, mais elle n’existe pas. Je me rends compte en t’écrivant que oui, j’ai eu pendant des années ce fol espoir de sauver les gens que j’aime, quitte à ne pas essayer moi, de me sauver.

Tous ces mots pour te dire que ni toi ni moi, ne sommes des héros. Nous ne sommes pas des êtres hors normes avec des pouvoirs surnaturels. Nous ne pouvons qu’être là pour les gens qui ont besoin de nous, les soutenir par notre présence, notre écoute et les aimer. Cependant, nous ne pouvons pas leur enlever leurs peines, nous battre à leur place, combattre leurs démons. Nous n’avons pas cette force-là.

Accepter d’être juste moi avec mes faiblesses, renoncer à croire que je dispose d’une toute-puissance. Qui suis-je pour penser pouvoir arracher les autres de leurs malheurs ? J’ai longtemps cru que si j’en avais vraiment la volonté je pourrais y arriver. Qu’il fallait que j’y crois et que je me batte, mais ce combat était-il le mien ? N’étais-je pas seule à entrer dans cette lutte illusoire ?

Alors pourquoi continuer à se punir, à s’empêcher de vivre, à se rendre malade pour ce que nous sommes incapables de changer, pour des choses qui ne dépendent pas de nous, pour les actions et le choix des autres ?

Pourquoi culpabilise t-on de ne pas être la personne que les autres voudraient que l’on soit ? De ne pas être la femme parfaite que l’on souhaiterait être ?

Reconnaissons premièrement cette culpabilité et acceptons la. Acceptons notre impuissance.

Questionnement :

D’où vient cette volonté de toute puissance ?

Qui est ce que je désire sauver ?

Quel est ce combat que je mène mais qui ne m’appartient pas ?

Qu’est ce que je gagne à continuer de me punir par ce sentiment de culpabilité ?

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