Temps de pose…

Sensation de stagnation, de mise à l’arrêt, temps de latence. Là où autrefois, j’aurais senti une grande frustration et colère, je me surprends aujourd’hui à vivre cette période de façon plus sereine. Je vois ce moment comme un temps de maturation de tous les apprentissages de ces derniers mois. Comme si j’avais besoin d’intégrer petit à petit toutes les découvertes, les mises en lumière, les connaissances acquises. Une certaine légèreté me gagne et dieu sait qu’elle est la bienvenue.

Je revois mes actions passées, les différents métiers effectués, les voyages entrepris, les formations dans lesquels je me suis lancée et finalement en prenant du recul sur tout cela, ce qu’il en ressort c’est un refus de stagnation justement. J’ai toujours eu besoin tout au long de ma vie de projets, d’une évolution soit professionnelle auparavant, soit plus spirituelle et personnelle à l’heure actuelle. J’ai cette nécessité impérieuse de réalisation de moi-même et par là-même je fortifie mon sentiment d’existence. Stagner représente pour moi une forme de mort. Une mort non seulement physique, mais surtout intellectuelle. Mon esprit se nourrit d’un carburant. En cas de panne sèche, il est dans l’incapacité de redémarrer. Rester dans un état donné, dans un métier répétitif, une vie rangée sans espace d’inconnu, dans la routine m’angoisse et très vite je me sens oppressée, en manque de liberté.

Alors oui, bizarrement, j’oscille entre une envie de nouveauté, de découverte, d’apprentissage et en même temps un besoin de stabilité émotionnelle, de repère fixe et d’une certaine sécurité. Là, à nouveau, je te parlerai de dualité…

Mais en fait, c’est parce que j’accède à cette sérénité et confiance intérieure que je peux aller vers l’inconnu. C’est quand je retrouve cette force en moi et que je prends conscience de cette capacité à pouvoir dépasser les épreuves quoiqu’il arrive, que je peux oser me diriger vers plus de témérité.

Moi qui finalement pensait toujours aspirer à davantage de sécurité, je me rends compte que ce qui me nourrit le plus c’est le challenge, c’est l’envie de grandir, de m’éprouver face à des situations nouvelles, c’est peut-être une confrontation à mes peurs, car en les dépassant je prends conscience de mes talents. Je découvre des aspects de moi jusque là inconnus. Je grandis. Là où je croyais me préserver et m’apporter du bien-être, je m’aperçois qu’au contraire je m’enfermais peu à peu dans cercueil, qui me conduisait tout droit à la mort de mon âme.

Je sais que ces propos peuvent apparaitre extrêmes, mais c’est ainsi qu’ils s’expriment aujourd’hui. C’est en transcrivant ces mots que cette sensation se diffuse dans mon corps. Ce désir de vivre m’assaille, me submerge. Cette existence, mise à l’arrêt pendant quelques années par incapacité à accéder à mes ressources internes, me supplie d’être vécue.

J’avais sans doute besoin à une période de ma vie, de cette stagnation émotionnelle, par crainte de souffrir encore. Dépourvue d’enthousiasme, de motivation pour avancer, emplie de tristesse, j’étais impuissante à sortir de ce marasme.

Et pourtant aujourd’hui, même si la digestion de mes ombres n’est pas encore totalement effectuée, je sens que la vie m’appelle tout en me demandant de prendre mon temps afin de renforcer mon socle, de retrouver mon alignement. Sans cela je risque une rechute et de me laisser à nouveau glisser vers les tréfond en cas de tempête trop violente.

Alors ce qui peut ressembler de l’extérieur à une stagnation ne serait-il pas parfois simplement une transformation intérieure, un temps de repos avant de repartir vers une existence plus conforme à notre véritable MOI ? Retrouver ses valeurs profondes, ses besoins, se reconnecter à son histoire même si celle-ci peut être parfois difficile. Dépasser et accepter ses blessures. Comment croire qu’une baguette magique puisse faire disparaitre en un instant ce que vous avez porté depuis tant d’années. Ce désencombrement peut prendre du temps, à nous de comprendre et d’intégrer qu’il est indispensable pour retrouver une stabilité émotionnelle et nous enraciner davantage.

Il faut cependant éviter l’enlisement, sombrer dans une léthargie, car pendant ce temps d’arrêt il est important de garder ses rêves dans son axe de vision. Continuer à ouvrir les portes de notre imagination et être prêt à accueillir les opportunités que la vie peut nous envoyer. Avoir la foi que tout est possible et arrivera en son heure.

Juste parce que c’est beau…

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