Une vie pleine de douceur…

Cette semaine hors du temps dans les Cévennes m’a conduit à redécouvrir la femme que je suis, à accepter cette féminité, cette douceur en moi.

J’ai longtemps été un Être dur, autant avec les autres qu’avec moi-même. J’avais besoin de cette armure pour me protéger des blessures extérieures. Ayant grandie sans tendresse, ni attention, je n’ai pas su me la donner par la suite et ne l’ai pas retrouvé dans mon rapport avec autrui.

Cette froideur et rigidité se dégageaient de moi et éloignaient toutes personnes susceptibles de vouloir rentrer en contact de façon trop intime. Comme un petit hérisson, je me mettais en boule et sortais mes piquants. Mon cœur s’endurcissait de plus en plus et je ne savais pas comment accéder à cette douceur. Savais-je d’ailleurs qu’elle existait ?

J’ai bien senti ces derniers mois que quelque chose s’ouvrait en moi. La bienveillance, la générosité, le partage sont des qualités dont je bénéficiais de plus en plus.  Les rencontres de femmes pleines de bonté et de luminosité, ayant justement cette part très féminine et maternante, dont j’étais dépourvue, se sont multipliées. Comme si par ce miroir, je me devais de retrouver ce féminin enfoui.

Je sais aujourd’hui que j’étais en quête de cette délicatesse, cette tendresse oubliée. Celle que j’avais certainement reçue à ma naissance, mais dont j’avais effacé le souvenir. Me reconnecter à cet instant moelleux, à ce bercement m’a permis de m’emplir de cette belle énergie.

Lâcher les crispations, les frustrations, les mémoires douloureuses du passé. Comprendre que oui, je me suis fais endurer beaucoup de souffrances, que j’ai été souvent dans l’auto-critique, dans l’auto-jugement, que j’ai accepté des situations malsaines, mais qu’à ce moment-là, je n’étais pas consciente du mal que je me faisais. Je croyais mériter ces tourments, que la vie était ainsi faite. J’avais évolué dans un environnement emplein d’épreuves et de tristesse. Rien ne me semblait plus normal que de les vivre à mon tour.

Et pourtant quelque chose au fond de mon Être me disait que j’aspirais à vivre différemment.

Ces dernières années, je sentais une peine lancinante de ne pas pouvoir exprimer l’amour qui sommeillait à l’intérieur de moi. Une impression d’étouffement, de m’empêcher de vivre pleinement, car j’avais ce besoin irrépressible d’exprimer ce sentiment.

Je n’étais jamais face à des hommes avec lesquels que je me sentais suffisamment en confiance pour m’ouvrir totalement. Je ne retrouvais pas dans leur regard ce soutien, la réponse à cet appel d’amour. Incapables certainement de m’accueillir, d’entendre ce que j’avais à leur dire ou peut être mettais-je moi-même des barrières, qui étaient pour eux infranchissables.

Je sais aujourd’hui que l’amour c’est ne pas avoir peur de se montrer tel que l’on est avec sa sensibilité, les émotions qui nous traversent, c’est se sentir pleinement entendu, être en relation avec une personne disponible pour être prêt à accepter ce que vous souhaitez dévoiler.

Je n’ai jusque là jamais eu cette sensation la.

Ce manque m’a longtemps enserré le cœur. Evoluant dans cette impression de ne pas être comprise, écoutée.

Finalement ce n’est pas auprès d’un « amoureux » que j’ai trouvé cette oreille attentive et emplie d’empathie. Ces mots intimes que j’avais besoin de poser, ces torrents de larmes qui cherchaient à s’écouler, ces bras dont je cherchais l’enlacement, cette douceur qui avait été si cruellement absente de ma vie, tout çà je l’ai trouvé dans cette retraite méditative. Je me suis enfin sentie entourée.

Face à un homme pleinement à l’écoute de mon désarroi, de mes questionnements, de mes doutes, accueillant mes pleurs avec compassion. Ces mots ont simplement été d’accepter toute la tristesse de ce passé, mais de décider qu’elle ne me définissait pas, qu’elle n’était pas moi. Je pouvais choisir de créer un nouveau chapitre de mon existence emplein de joie. Aujourd’hui j’ai redécouvert cette part douce en moi. Elle sera à présent toujours là.

Ma rencontre avec A. pendant ce stage, cette femme de 70 ans, qui m’a serré dans ces bras comme l’aurait fait une maman, m’a également beaucoup aidé.

La vie m’apporte tellement de belles choses, des moments intenses faits de magie. Je me sens si chanceuse de pouvoir vivre ces instants uniques et pleins de beauté.

La douceur ne s’acquiert pas, elle se vit. Elle est la manifestation de notre état intérieur. Elle se transmet par le regard, le toucher, une intonation, une attention. C’est une manière de créer une intimité avec l’autre.

Mais comment la laisser s’exprimer dans ce monde où la force, le combat, la compétition sont tellement mis en avant ? Ne risque-t-on pas de se laisser écraser par le poids des autres ? Ne perdrait-on pas ce côté battant, persévérant, son identité si l’on baissait la garde ?

Souvent ces craintes sont la raison de notre dureté. C’est notre protection face à notre volonté d’indépendance, de liberté. Car douceur est malheureusement fréquemment synonyme de soumission, de mollesse. Et pourtant, il en est tout autre. Elle apporte de la puissance par son côté apaisant et rassurant. Elle adoucit la personne qui la reçoit.

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‘’La douceur, c’est la plénitude de la force’’, Alphonse Gratry, prêtre et philosophe

Comment l’incarner quand on ne l’a pas reçu en héritage ? Quand on a grandi dans la croyance qu’elle représentait un danger et qu’il fallait toujours porter les armes ?

Nous avons l’impression qu’elle n’existe pas en nous et pourtant elle fait partie de notre noyau originel. Parfois enfouie sous nombre de couches de protection, mais bien présente. Alors comment lever cette armure ? Le lâcher prise et la reconnexion à sa vulnérabilité sont nécessaires.

Pour retrouver le chemin de cette mémoire primaire, se remémorer et revivre un souvenir de douceur est très important. Notre corps a effet gardé l’empreinte de cet instant si précieux. Le recontacter permet de se laisser envahir par ce sentiment de bien-être et de protection.

Pour le préserver encore faut-il le nourrir. Se laisser éblouir par la beauté de la nature, notre attention à l’instant présent, à notre environnement ainsi que le développement de nos cinq sens peuvent nous y aider. La chaleur du soleil sur notre peau, respirer la senteur sucrée de la rose, la suavité quand nous dégustons du chocolat, se blottir sous une couverture moelleuse sont autant de façon de se laisser habiter par cette douce réminiscence.

Mais notre connexion à notre douceur peut également passer par la création artistique. Se rencontrer par le toucher de l’argile, s’exprimer dans la peinture ou encore vibrer par le chant…

Cette grâce reconquise donne aussi lieu à une évolution vers plus de sérénité. On redécouvre une part de soi que l’on croyait perdue. Nous accueillons la joie, la pureté, l’harmonie dans notre vie. Retrouvons notre humanité.

Donnons-nous cette douceur, cette auto-compassion.

Questionnements :

Rappelles-toi d’un moment de douceur ? Ressens-le, vis-le pleinement. Où étais-tu ? Quels étaient les odeurs qui t’environnaient ? Quel était le paysage, les couleurs présentes ? Y a-t-il un goût relié à ce souvenir ?

Qu’ais-je besoin de me pardonner ?

Comment puis-je m’apporter de la douceur aujourd’hui ?

Penses à un événement qui t’a fait te sentir mal ou honteux, et demandes-toi comment tu en parlerais à un ami s’il le vivait. Quels mots utiliserais-tu pour le rassurer ou pour l’encourager ? 

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